Boussu Malgré quelques soucis de santé, Jean-Claude Debiève n’est pas prêt à raccrocher.

En 2006, Jean-Claude Debiève quittait son poste d’échevin pour se glisser dans le costume de bourgmestre. Déterminé à changer les choses en insufflant une dynamique positive de développement et de promotion de la commune de Boussu, il ne se destinait pas à la politique. En octobre 2018 pourtant, il obtenait pour la troisième fois la confiance des électeurs.

Vous ne souhaitiez pas faire carrière en politique. Et pourtant, vous en êtes à votre troisième mandat…

"J’ai la volonté de continuer à agir pour ma commune, à poursuivre ce que l’on a entrepris pour la dynamiser, la développer et montrer d’elle une image positive. Tout n’est pas parfait, bien sûr, mais nous avons déjà fait beaucoup de choses. Lorsque j’ai annoncé que je n’étais pas certain de me représenter, j’ai eu énormément de sollicitations, d’encouragements. Les citoyens me demandaient de rester. Ces marques de sympathie m’ont poussé à être candidat. Et je dois avouer qu’il y a encore des dossiers sur lesquels j’ai envie de travailler pour les voir aboutir."

Lesquels, par exemple ?

"Au niveau des écoles, notamment. Nous allons reconstruire une nouvelle école, moderne et confortable. Le dossier est en passe d’aboutir. Je souhaiterais aussi que l’on puisse reconstruire une nouvelle piscine, en collaboration avec les communes voisines. Il est temps que l’on se rende compte que toutes les communes ne peuvent pas avoir la même chose : il faut travailler ensemble et mettre nos forces en commun. Ce n’est qu’en ayant un esprit d’intercommunalité que l’on pourra avancer. Je voudrais aussi trouver une solution pour la mobilité, qui reste problématique, notamment à cause du charroi toujours plus important et de la vitesse. Certains se pensent vraiment sur un circuit ! Il est temps de leur faire prendre conscience des dangers qu’ils font courir aux autres. Enfin, j’aimerais poursuivre le redynamisme de notre commune. Il y a désormais de tout pour créer un esprit festif et positif via de nombreuses animations proposées gratuitement. Notre commune rayonne."

Vous avez connu quelques soucis de santé ces dernières années. Ils vont ont poussé à envisager une mise en retrait ?

"Personnellement, je ne fais pas de politique pour l’argent ou pour le titre. Je n’ai d’ailleurs pas l’impression d’en faire. Ce que je souhaite, c’est contribuer au développement de ma commune. C’est cette volonté qui me pousse vers l’avant. Oui, j’ai eu quelques ennuis de santé mais j’ai eu l’envie de continuer. Peu importe qu’à l’hôpital on m’ait conseillé de ralentir. J’ai très rapidement continué à travailler sur des dossiers, d’abord chez moi et ensuite à nouveau au sein de la commune. Je veux qu’en fin de mandat je puisse être fier de ce que j’ai accompli, et surtout je veux avoir tenu parole. Pas question d’avoir fait des promesses en l’air."

Vous avez donc déjà pensé à "l’après". Y a-t-il quelqu’un que vous souhaiteriez voir devenir bourgmestre ?

"L’électeur décidera. Peut-être certains pensent-ils à me remplacer mais je n’ai en tout cas pas le sentiment d’être poussé vers la sortie. Je pense que plusieurs personnes pourraient reprendre le flambeau. Mais chacun doit continuer à montrer ses forces et son envie de s’investir, sa capacité à gérer une commune. Il faut être passionné et déterminé."

Quelle est votre plus grande fierté en tant que bourgmestre depuis déjà trois mandatures ?

"Lorsque j’étais échevin, le conseil communal était une foire d’empoigne. Il y avait pas mal d’irrespect. Depuis quelques années, l’entente cordiale s’est installée. Le contact avec les groupes politiques est différent. On se parle, on partage un verre, on participe aux festivités locales… Il est primordial que chacun se sente libre de prendre la parole, de partager ses idées. Peu m’importe la couleur du parti ou de la personne."

Et votre plus grande déception ?

"Je ne peux que regretter la tournure des événements avec une ancienne élue (Simone Frédérick, NdlR) . Mais cela fait partie des aléas. Nous ne sommes pas toujours d’accord et ce n’est pas toujours simple à gérer. Mais je ne suis pas du genre à me tourmenter ou à me lamenter. Je pousse un coup de gueule lorsque j’en éprouve le besoin et puis ça passe. Je n’ai pas eu l’impression d’avoir de réelles déceptions, je trouve mon parcours plutôt agréable, intense et passionné. Je donne le meilleur de moi-même pour ne pas avoir de regret et je continue à regarder vers l’avant."

Vous avez pourtant essuyé deux revers : le contournement d’Hornu et le prolongement de l’axiale boraine, deux dossiers importants qui n’aboutiront peut-être jamais…

"C’est vrai que c’est une immense désillusion car ils étaient en passe d’aboutir. Le précédent ministre (Carlo Di Antonio, NdlR) avait travaillé en ce sens et, soudainement, on apprend que le nouveau ministre (Philippe Henry, NdlR) dit stop à tout. Je compte interpeller le ministre-Président afin d’évoquer la situation car nous ne pouvons pas rester sans rien faire. Le contournement d’Hornu est indispensable pour résoudre les problèmes de mobilité et ramener du calme et un sentiment de sécurité. Le prolongement de l’axiale boraine a le même objectif : désengorger nos rues et dire adieu aux embouteillages monstres. Dix années de lutte ont été balayées d’un revers de main…"