Depuis près de 28 ans, Jean-Luc Begasse occupe un logement social appartenant à la commune de Quévy, situé à la rue de l’Abreuvoir, à Havay. Pensionné et bénéficiant du statut de personne handicapée, le sexagénaire ne dispose que de très peu de revenus et n’a donc pas les moyens de se tourner vers le secteur privé. L’inquiétude est dès lors grande de se retrouver sans toit dans les prochains mois.

En effet, en mai dernier, le conseil communal votait (à 13 voix pour et 3 voix contre) la désaffectation et la mise en vente du bâtiment de la rue de l’Abreuvoir. "La commune m’a envoyé un papier pour m’annoncer que d’ici le mois de mai 2022, il faudrait que j’aie déménagé", explique Jean-Luc Begasse. "Le CPAS a bien ouvert un dossier pour moi auprès des sociétés de logements sociaux mais aucune solution concrète de relogement ne m’a été proposée."

Son voisin se retrouve lui aussi dans la même situation. "J’ai l’impression de me retrouver dans une impasse parce que la majorité a décidé de vendre. Elle n’a pas l’air de se soucier le moins du monde de ce que nous allons devenir. J’ai tenté de prendre rendez-vous avec la bourgmestre pour en discuter mais elle n’a jamais accepté de me rencontrer. Lorsque je l’ai finalement croisée lors d’un souper, elle m’a dit que la décision était collégiale, qu’il n’y avait rien d’autre à dire."

Bref, l’inquiétude domine. "À la suite de problèmes de santé et d’un coma, je n’ai plus rien de côté. Je vis seul, avec mon chat. Et j’ai appris qu’à partir de cette semaine, tous les mardi et jeudi, des acheteurs potentiels étaient susceptibles de venir visiter l’appartement. C’est une situation terrible que je ne souhaite à personne de vivre." Du côté communal, on assure que toutes les démarches ont été entreprises pour épauler les locataires concernés dans leurs démarches.

"Le bâtiment est toujours en vente et ils ont jusqu’à mai 2022 pour se retourner et trouver une solution", souligne Florence Lecompte (PS), bourgmestre. "Je comprends que la situation soit difficile mais la commune se devait de poser ce choix et de mettre en vente le bâtiment. L’entretenir et y entreprendre des réparations nous coûte beaucoup trop cher, alors que les loyers sont d’une centaine d’euros seulement. Ce n’est pas tenable pour nous."

La bourgmestre précise que des contacts ont été pris avec la société de logements Toit et Moi. "Je leur ai moi-même écrit, il revient désormais à monsieur Begasse de ne pas les lâcher et de rester en contact avec notre CPAS. Il doit également regarder au niveau du privé." Également contactée par nos soins, la présidente du CPAS, Sophie Boterdael (MR+) confirme que les démarches ont été lancées.

"Nous ne disposons pas de logement libre sur l’entité mais monsieur a été reçu, dans le courant du mois de juillet, par notre assistance sociale qui a entrepris des démarches auprès des sociétés de logement. Il a obtenu une attestation pour cumuler des points supplémentaires et ainsi espérer obtenir plus rapidement un logement social. Nous remplissons notre mission en l’accompagnant dans ses démarches de recherche de logement et l’aiguiller. Nos assistantes sociales restent à sa disposition, il n’est pas seul."

La situation reste anxiogène pour le Quévysien et son voisin, inquiets à l’idée de quitter leurs logements, d’autant que des travaux de rénovation énergétique y avaient été récemment entrepris.