Ce mardi soir, le conseil communal de Jurbise était réuni en urgence afin de réagir à la nouvelle répartition des dotations communales à la zone de secours et d’introduire un recours contre l’arrêté du gouverneur du Hainaut. Si le recours a été voté à l’unanimité, l’ambiance n’était pas pour autant des plus sereines. En effet, la majorité (Liste de la Bourgmestre) s’est étonnée de l’absence du chef de groupe de l’opposition Alternative Citoyenne (AC).

"Est-ce parce que le conseiller était mal à l’aise de défendre les intérêts des Jurbisiens face à son employeur provincial ?" s’est interrogé le groupe majoritaire. "Juste après l’envoi de la convocation aux conseillers, il avait réagi vertement. Cette réaction suscitait la réflexion. Siège-t-il comme conseiller communal pour défendre les intérêts des citoyens jurbisiens ou son rôle est-il de défendre son employeur dans l’assemblée communale dans laquelle il a été élu?"

Des propos auxquels n’a pas manqué de réagir le principal intéressé. "Je suis étonné que la cheffe de groupe LB commente publiquement l’absence ou la présence de membres du conseil communal. Les amalgames dont elle fait preuve sont regrettables. Mon absence était due à des raisons strictement privées dont je n’ai nullement à me justifier auprès de la majorité", explique Joël Delhaye.

Ce dernier ne manque par ailleurs pas de tacler à son tour la bourgmestre. "Ce qui m’inquiète, c’est la méconnaissance profonde du fonctionnement institutionnel de notre pays et des institutions wallonnes en particulier. L’acte contesté par la commune, y compris AC puisque le recours a été voté à l’unanimité, est un acte du gouverneur agissant en qualité de commissaire du gouvernement fédéral."

Et de poursuivre : "La député-bourgmestre semble visiblement ignorer la distinction entre le territoire du Hainaut sur lequel agit le gouverneur et l’institution Province de Hainaut en tant que telle (…) Mêler un mandat local avec une profession, remettre en cause l’intégrité des élus est une malhonnêteté intellectuelle, une tentative de déstabilisation face à laquelle je ne céderai pas. Cet amalgame délibéré, construit est une instrumentalisation incompatible avec un exercice sain de la démocratie locale."

Sur le fonds, l’ensemble des élus s’est donc entendu sur la nécessité d’aller en recours contre cette répartition. Pour rappel, la première dotation de Jurbise était fixée à 424 548 euros et est ensuite passé à 447 462 euros, soit une majorité de 22 913 euros.