Architecte en informatique, Jonathan Lannoy a fait ses armes au sein de grandes entreprises avant de changer de cap et de mettre ses compétences au service des PME qui souhaitent digitaliser leurs activités. Si le passage à la numérisation suscite généralement des craintes, notamment en matière de coût et de maintenance, le Jurbisien tente de tordre le cou aux préjugés en proposant des logiciels développés pour et par les clients, et donc totalement évolutifs.

Aujourd’hui, Jonathan Lannoy entend poursuivre le développement de MediFleet, un logiciel spécifiquement conçu pour le transport médical non-urgent et PMR, et donc destiné aux ambulanciers et sociétés d’ambulances. "En septembre, seules quatre ou cinq sociétés l’utilisaient. Aujourd’hui, elles sont 11 et deux demandes sont encore en attente", souligne l’entrepreneur. "C’est positif car l’on sait que ce n’est pas évident de franchir le pas."

Outre le coût que représentent l’achat du logiciel et son installation sur chaque smartphone ou tablette de chaque véhicule, les sociétés se montrent parfois encore frileuses à l’idée de changer leurs habitudes. "Abandonner les fichiers Excel pour passer à la numérisation, ce n’est toujours évident. Mais MediFleet est vraiment conçu pour répondre à toutes les attentes des sociétés. De la demande de prise en charge d’un patient à ses besoins lors du transport et sur place en passant par l’échange d’informations et la facturation, elle prend absolument tout en charge."

Ce qui représente un gain de temps considérable pour les sociétés déjà séduites. "Pour la facturation par exemple, neuf fois sur dix, le logiciel propose d’emblée le bon tarif à appliquer. Le personnel n’a alors plus qu’à valider la proposition. Aujourd’hui, nous avons des demandes pour étendre encore ses fonctions, par exemple pour la gestion des plannings et des congés des travailleurs ou encore la gestion de la flotte : quand faut-il faire l’entretien, changer les pneus,…"

Et de poursuivre : "Le logiciel était d’abord centré sur les priorités des sociétés mais peu à peu, il s’impose comme un outil qui sert à tout, ou presque. Ce n’est possible que parce que je connais chaque client, je sais comment il travaille et je réponds à ses demandes. Si demain, quelqu’un nous demande une option pour pouvoir répertorier la pointure des patients transportés, ce ne sera pas un obstacle. L’option sera ajoutée et communiquée à l’ensemble des utilisateurs."

Avec près de 11 sociétés déjà convaincues, Jonathan Lannoy a réussi son pari mais ne cache pas pour autant ses ambitions. "L’objectif, à court terme, c’est d’agrandir la base clientèle et, pourquoi pas, entamer une discussion avec la Région wallonne pour obtenir une certification, une reconnaissance du logiciel puisqu’il passe tous les contrôles de respect des législations déjà menés auprès des transporteurs."

In fine, le Jurbisien pourrait aussi tenter sa chance auprès du milieu du transport médical urgent, régi par le SPF et soumis à des contraintes strictes mais différentes.