Les restaurateurs rongent leur frein et espèrent obtenir prochainement des perspectives positives quant à la réouverture de leur établissement. D’ici là, c’est toujours la loi de la débrouille pour garder la tête hors de l’eau. Et si la situation n’est pas évidente, que du contraire, certains professionnels n’hésitent pas à malgré tout privilégier la solidarité. C’est ainsi que John Ashok, gérant d’Ashok’s Indian Cuisine, vient de livrer 314 repas au personnel soignant du CHU Ambroise Paré.

Le restaurateur est l’un des seuls de la région à avoir poursuivi ses actions solidaires au-delà du premier confinement. "À l’époque, nous avions livré des repas pendant huit semaines consécutives au personnel d’Ambroise Paré, Saint-Joseph et aux Anges de Mons", explique le restaurateur. "À l’époque, tout le monde applaudissait les soignants, ils étaient au centre de l’attention. Aujourd’hui, ils sont épuisés, toujours mobilisés mais un peu oubliés."

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Il n’en fallait pas plus pour que l’envie de remettre du baume au cœur se fasse sentir. "Mercredi, après un passage à l’hôpital pour raison personnelle, j’ai sollicité mon équipe afin de savoir si elle était prête à me suivre dans ma démarche. Tout le monde a immédiatement accepté ! Nous ne sommes pas très nombreux mais nous sommes très solidaires. Je leur dois beaucoup car ce dimanche, tous les repas étaient prêts !"

La livraison a été assurée ce lundi, en matinée. "Organiser pareille action est plus difficile aujourd’hui que lors du premier confinement, financièrement parlant. Ma volonté reste évidement de sauver mes établissements ! Mais il me tenait vraiment à cœur d’apporter notre soutien au personnel soignant, démoralisé par cette crise qui s’éternise. On m’a toujours inculqué que lorsque l’on pouvait donner, il fallait le faire. C’est ce que j’ai fait."

Pour les équipes du chef, il s’agissait aussi de profiter d’une bouffée d’oxygène. "Nous avons pu nous retrouver et travailler ensemble presque normalement. Nous avons énormément ri, ce dimanche. Je pense que tout le monde avait besoin de cela pour tenir le coup. Nous aurions déjà aimé organiser quelque chose pour les fêtes de fin d’année mais à ce moment-là, le moral n’y était pas."

Évidemment, la préparation de ces 314 repas a un coût. "Mais ce ne sont pas les matières premières qui coûtent le plus cher, ce sont les heures de préparation des repas par le personnel. J’ai énormément de chance d’avoir été suivi dans ma démarche par ma famille et mon équipe, sans qui rien ne serait possible." La main sur le cœur, le chef entend mettre sur pied une nouvelle action d’envergure aux alentours du 21 février, normalement, toujours à destination des hôpitaux.