Durement frappé par les mesures de confinement, le secteur horeca est en crise. Mais cela n'empêche pas John Alexander Ashok de faire preuve de solidarité. Ce restaurateur de Jurbise avait déjà l'habitude de soutenir des associations venant en aide aux démunis. Lorsque la pandémie a éclaté, il a également décidé de faire un geste pour le personnel soignant. Dimanche, le chef a remis le couvert.

"J'ai pu compter sur l'aide des chefs solidaires de Charleroi et nous avons préparé 450 repas pour l'hôpital Ambroise-Paré et les Anges de Mons", explique John Alexander Ashok. "Je suis en contact avec les Anges de Mons depuis que l'association a été créée il y a quelques années. Ils savent très bien que dès qu'ils ont besoin de repas, ils peuvent venir me contacter. Toujours dans la mesure du possible évidemment. Tout dépend de la situation. Mais je me souviens que pendant le premier confinement, j'avais même livré trop de repas!"

Depuis que le personnel soignant est soumis à rude épreuve, le chef jurbisien essaie de leur apporter un peu de réconfort à sa manière. Il y trouve aussi son compte. "Ça nous fait du bien de nous sentir utiles et j'ai de la chance de pouvoir compter sur une bonne équipe et d'autres personnes qui viennent aussi nous aider", poursuit John Alexander Ashok. "Habituellement, pour préparer des centaines de repas, nous mettons entre 12 et 14 heures. Ce dimanche, il y avait tellement de monde que nous avons fait ça en 5 heures!"

Les repas solidaires du chef indien réchauffent les cœurs, mais il y a aussi parfois des critiques… "Certains demandent par exemple pourquoi nous livrons toujours le même hôpital. Le fait est que j'ai un lien particulier avec Ambroise-Paré. Ma fille y est née avec un lourd handicap il y a 27 ans. Je connais donc bien le personnel et je sais à quel point il est dévoué. D'autres demandent aussi pourquoi on aide le personnel soignant et pas les SDF. Mais j'aide aussi les démunis. Peu importe les critiques finalement, nous avançons en essayant de faire plaisir autour de nous."

Une chose est sûre, le monde tournera plus rond avec des chefs au grand cœur plutôt qu'avec des fines bouches.