À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle ! Après six mois d’absence, le retour sur les bancs de l’école n’est pas forcément chose aisée pour les élèves. Pour les soutenir et les aider à reprendre pied, le collège communal de Dour a décidé d’engager, à temps plein et sur fonds propres, un enseignant qui sera chargé d’apporter aux élèves en difficulté un encadrement personnalisé. Objectif, remédier aussi rapidement que possible aux éventuelles lacunes.

Cet enseignant devrait entrer en action dès le mois d’octobre et assurera sa mission jusqu’en juin prochain. "L’objectif est double. Il s’agit d’une part de rétablir la confiance entre l’élève et le milieu de l’enseignement, et d’autre part de pallier les lacunes dès maintenant pour éviter qu’elles ne soient encore accentuées", explique Vincent Loiseau (Dour Demain), échevin de l’enseignement.

"Je suis moi-même enseignant et j’ai pu constater que le confinement et l’absence scolaire de ces derniers mois ont causé des dégâts sur les plans pédagogiques mais aussi psychologiques et affectifs. Certaines matières n’ont pu être vues ou approfondies. Nous aurons une attention toute particulière pour les enfants de deuxième année primaire qui pourraient avoir des lacunes en lecture et en calculs, et pour les enfants de sixième année primaire qui devront préparer leur CEB."

Pour répondre à une demande qui sera probablement très forte, le collège communal a également lancé un appel aux enseignants et directeurs d’école retraités. "Nous sommes conscients qu’il ne sera pas possible d’aider tout le monde mais il était important pour nous de proposer une solution. Nous avons déjà reçu quelques appels d’enseignants intéressés par cette initiative, qui n’a par ailleurs par vocation à être poursuivie dans les années futures. Il s’agit d’une mesure de crise."

En pratique, ce sont les enseignants qui seront les premiers relais vers l’enseignant "détaché." "Ils sont les plus à même à cibler les difficultés. Le contact entre ces deux acteurs sera primordial car nous n’envisageons pas cette alternative comme une remédiation au sens classique du terme. Nous ne souhaitons pas ajouter une heure de remédiation à l’élève en fin de journée, ce qui pourrait être perçu davantage comme une punition que comme une aide."

En réalité, les enfants seraient pris en charge au sein de leur établissement, pendant les heures de cours. "Lors d’une activité de lecture organisée en classe, l’enseignant détaché pourrait prendre en charge un groupe de deux, trois ou quatre élèves par exemple, afin de mener une activité de lecture en parallèle. Nous nous adapterons aux réalités de terrain et verrons quel est le meilleur moyen de fonctionner."

Rappelons que ce n’est pas la première fois que la commune de Dour propose des alternatives innovantes dans le cadre de cette crise. En mai dernier, les autorités avaient opté pour un retour à l’école via des cours privés à destination des élèves de sixième année primaire, organisés par les enseignants à raison d’une à deux fois par semaine.