Comme elle le raconte si bien dans l'un de ses sketchs, Laura Laune n'a pas toujours été humoriste. "Dans la vie, j'étais enseignante alors je n'ai pas l'habitude de parler devant des gens qui m'écoutent". Voilà d'ailleurs comment elle débute son premier spectacle sorti en 2015. "J'étais prof d'histoire de l'art en CAP soudeur, bétonneur, option foot."

Cette source d'inspiration s'est créée en 2012, lorsqu'elle enseignait le dessin technique et la technologie au lycée provincial d'Hornu-Colfontaine. C'est là que nous l'avons rencontrée ce jeudi. "Ces six mois passés dans cette école, ça m'a effectivement inspiré un sketch", sourit Laura Laune. "Mais j'admets que c'est vraiment caricatural (rires). Parce qu'en réalité, j'ai gardé un très bon souvenir de mon expérience de prof. Si je n'avais pas réussi dans le spectacle, je crois d'ailleurs que j'aurais poursuivi dans l'enseignement."

"Je ne suis jamais allée chercher mes diplômes"

A défaut d'être restée dans ce secteur, l'humoriste qui vient de fêter ses 34 ans a utilisé l'enseignement comme un atout pour son métier actuel. "Chaque expérience est bonne à prendre pour écrire. J'ai fait sept années d'étude à l'ULB (architecture et pédagogie) et je ne suis même pas allée chercher mes diplômes, ils sont toujours au secrétariat. Je n'en ai jamais eu besoin en réalité. Mais ce ne sont pas sept années de perdues. J'ai appris énormément. Ici aussi, ça a été une expérience enrichissante."

Désormais domiciliée à Paris, la Framerisoise est revenue passer quelques jours en Belgique dans le cadre du tournage d'un documentaire (diffusé sur C8 en novembre) qui retrace son parcours. "Avec l'équipe de tournage, nous allons à la rencontre de ma famille mais aussi là je suis passé précédemment : à l'université, à Bruxelles, mais aussi dans cette école d'Hornu où j'ai travaillé en 2012 après être arrivée un peu par hasard. Mon grand-père, qui a été directeur du lycée de Saint-Ghislain (LPETH), m'a dit qu'une place s'était libérée. J'ai postulé et j'ai été prise."

A l'époque, Laura n'hésitait déjà pas à utiliser son humour ou son répondant avec ses élèves qu'elle a d'ailleurs pu retrouver ce jeudi en fin d'après-midi. "J'avais hâte de les revoir et d'échanger avec eux. Je me souviens qu'en classe, je les surprenais dans mes réactions. Je n'étais pas une prof classique. Cela m'arrivait d'un peu les maltraiter (rires). C'était plus une ambiance entre potes où on se répondait les uns les autres. Ils étaient parfois déroutés que je leur réponde avec une vanne quand ils me sortaient une saloperie. En fin de compte, ça a créé une certaine complicité qui m'a aidé à donner cours."

Laura Laune et son spectacle Le Diable est une gentille petite fille seront à Mons le 9 septembre prochain pour le premier spectacle post-confinement du Théâtre royal.