La reprise se fait attendre et la situation financière se s'améliore pas, que du contraire.

Alors que l’activité économique reprend doucement, un peu partout, les restaurateurs attendent toujours le feu vert du gouvernement pour rouvrir leurs établissements, fermés depuis maintenant plus de deux mois. Pour beaucoup, la situation est extrêmement difficile et les perspectives d’avenir sont parfois bien sombres.

De son côté, le chef doublement étoile Éric Fernez tente de se montrer positif. Mais il l’avoue, garder la tête hors de l’eau n’est pas simple. "Je suis d’un naturel optimiste mais il est difficile de le rester alors que les banques sont frileuses et qu’il est difficile d’obtenir leur soutien, et qu’aucun expert économique ne se montre positif", explique-t-il.

Les employés de ses trois restaurants sont toujours en chômage économique. Le chef Baudourois travaille donc en famille, avec sa fille et son beau-fils. "Nous proposons désormais des plats à emporter et un service take away, soit des plats chauds à déguster tout de suite. Mais nous allons devoir augmenter nos tarifs et nous constatons une diminution de notre clientèle."

En cause, la concurrence. "Chacun tente de s’en sortir comme il peut. Nous sommes nombreux à proposer un service traiteur, l’offre est donc plus large et plus éparpillée. Nous tentons de maintenir l’exploitation à flot mais il est difficile de se projeter car nous n’avons aucune communication ferme. Nous sommes dans l’incertitude et ne pouvons compter que sur des bruits de couloir."

Impossible donc dans ces circonstances de préparer la reprise. "Nous ne pouvons pas nous permettre d’investir dans certaines protections sans savoir ce qui sera finalement décidé par le gouvernement. Il faut aussi rester conscient que le jour où nous obtenons le feu vert pour la réouverture, il faudra du temps pour se préparer, former le personnel, relancer les machines, retrouver des fournisseurs car certains ont été contraints d’arrêter,…"

Bref, l’avenir ne s’annonce pas radieux pour les professionnels du secteur Horeca. "Tout prendra beaucoup de temps, nous ne sommes pas prêts de connaitre un retour à la normale. Il faudra aussi convaincre la clientèle que toutes les mesures sont prises pour limiter les risques, au risque qu’elle ne revienne pas dans les établissements…" Un retour qui, à ce jour, n’est pas encore à l’ordre du jour.