À l’arrêt plusieurs mois durant le premier confinement, les restaurants étaient les premiers à refermer leurs portes lors de cette seconde vague de contamination covid-19. Aujourd’hui, les restaurateurs n’ont d’autre choix que de prendre patience mais pour beaucoup, la situation pourrait s’avérer dramatique.

Doublement étoilé et de nature pourtant optimiste, le chef Éric Fernez, dont la réputation n’est plus à faire dans la région, se dit inquiet. "Le premier confinement était difficile mais nous avons pu rebondir. Ce deuxième confinement est beaucoup plus compliqué à vivre, financièrement parlant", explique-t-il.

"Je suis inquiet pour le personnel. Nous avons 35 ans d’existence à Baudour, 45 ans de métier. Nous avons quelques réserves et pouvons donc tenir encore un peu le coup. Mais quid des équipes, qui ne percevront qu’une partie de leur salaire pendant peut-être encore plusieurs mois ? Si l’incertitude les pousse à changer de métier, nous risquons de vivre une pénurie de personnel à la reprise. Il est temps que l’État octroie des facilités, des aides pour garder la tête hors de l’eau."

Comme au printemps dernier, le chef propose un service traiteur. Mais ce dernier peine à séduire. "Nous ne sommes pas dans la même situation qu’en mars dernier, le confinement n’est pas total. Les gens bougent plus et semblent rester davantage en retrait sur leurs dépenses. Cette semaine de congés d’automne a été particulièrement mauvaise pour le service traiteur. C’est un constat partagé par de nombreux collègues avec qui j’ai pu discuter ces derniers jours."

L’incertitude plane donc, plus encore sur l’organisation des fêtes de fin d’année. "Les restaurants pourront-ils rouvrir, pourront-ils proposer des repas de fête ? C’est le flou le plus total alors que nous devons pouvoir nous préparer, planifier, passer nos commandes. Du foie gras, du homard, du poisson noble ne se trouvent pas la veille. Si les producteurs et pêcheurs se sont eux aussi mis en retrait, on risque de vivre un rush."

Même constat pour un service traiteur à domicile. "Si les restaurants restent fermés, pour combien de convives les plats pourront-ils être préparés ? Nous avons besoin de décisions plus fermes, plus définitives. Jusqu’ici, nous avons systématiquement été pris au dépourvus. Si en temps normal, les fêtes de fin d’année ne représentent plus un enjeu financier majeur, c’est le cas cette année. Nous en avons besoin pour tenter de maintenir le cap après des mois de fermeture."

Rappelons que le gouvernement ne devrait pas réévaluer l’impact des dernières mesures avant le 13 décembre prochain. Les restaurateurs espèrent malgré tout que la question des fêtes de fin d’année sera abordée et tranchée… Au risque que l’année 2020 sonne définitivement le glas pour certains.