Après un mois de mars printanier, voir estival par moments, le début du mois d’avril a été particulièrement compliqué pour les vignerons de la région. À l’instar du Chant d’Éole ou du Ruffus, le vignoble de Sirault a été confronté à d’importantes gelées, plusieurs nuits consécutives. Celle-ci ont occasionné des dégâts mais à ce jour, le suspense demeure : il faudra attendre une quinzaine de jours avant d’être en mesure d’en constater l’ampleur.

"Nous avons neuf parcelles différentes et leur situation n’est pas forcément identique. Elles sont réparties sur l’ensemble du village, certaines sont plus ou moins protégées par la présence d’arbres aux alentours, d’autres sont plus exposées,…" explique Thierry Vangulick, secrétaire de la coopérative. "Nous savons que le gel a causé du dégât, mais nous croisons encore les doigts et espérons qu’ils sont limités."

L’activité du vignoble de Sirault est très récente et les moyens financiers ne sont dès lors pas comparables à ceux du Chant d’Éole ou du Ruffus, qui n’ont pas hésité à sortir les tours antigel. "Nous avions acheté des bougies afin de protéger les vignes, nous avions pris nos dispositions. Mais nous avons estimé que vu l’état d’avancement des bourgeons, ce n’était pas nécessaire. Nous avons préféré préserver nos bougies pour les Saints de glace. Nous avons peut-être commis une erreur."

Si les cépages du vignoble proviennent majoritairement d’Allemagne et du Luxembourg et se montrent plus résistants aux maladies, ils subissent le gel comme tous les autres. "On ne peut pas faire grand-chose contre le gel… Il n’y a qu’à voir la situation catastrophique des vignerons en France. Le problème, c’est que les températures élevées du mois de mars ont conduit à la sortie des bourgeons, qui sont normalement dans un état végétatif jusqu’à la mi-avril. C’est cette fluctuation qui est "mortelle" pour eux."

L’an dernier, une partie des récoltes avait été perdue aux Saints de glace. Cette année, les pertes pourraient donc être plus importantes. Il faudra d’autant plus profiter de la cuvée 2020, actuellement en cuve et qui devrait être commercialisée aux alentours du mois de septembre prochain. Cette dernière s’était avérée très positive. Pour preuve, ce sont entre 6000 et 6500 bouteilles de vins effervescents et tranquilles, soit le double de l’année précédente, qui devraient être mises en vente.