Ils sont 42 travailleurs dont 31 ouvriers actifs chez Carthuplas, à Thulin. Mais bientôt, il n'y aura plus que 24 ouvriers. La direction a en effet remis la semaine dernière une lettre de licenciement à sept personnes. Depuis, c'est la grogne et même la grève au sein de cette entreprise spécialisée dans les emballages de CD et DVD. L'entrée du site est totalement bloquée par un piquet de grève depuis lundi matin et la grande majorité des travailleurs suivent le mouvement.

"Comme nous l'avions annoncé, il s'agit d'une grève au finish", signale Rico Zara (CSC). "Les travailleurs se relayent donc 24h/24 devant l'usine pour bloquer l'entrée et la sorte de tous les camions. Aucun camion n'est donc passé depuis lundi pour apporter des matières premières et aucune commande n'est sortie non plus. A l'heure actuelle, nous n'avons toujours pas eu de discussion avec la direction. Elle connait notre point de vue donc nous sommes disposés à négocier si jamais le directeur décidait de nous contacter."

Les éléments invoqués par la direction pour justifier ces licenciements sont une perte d'activité liée au coronavirus. Elle aurait diminué de 30% par rapport à l’année dernière tandis que le chiffre d’affaires de 2020 devrait baisser de 40% et que 40% du personnel est en chômage corona depuis sept mois. "Pendant que les travailleurs ont dû vivre avec un revenu raboté de près de 30%, la famille Lamerant, propriétaire de l'entreprise, a préparé son plan de licenciement. Le seul et unique objectif était de procéder à un licenciement collectif qui réduisait l'effectif en dessous du seuil pour le maintien de la délégation syndicale."

Selon la CSC, sept travailleurs ont été prévenus de leur licenciement par téléphone le 29 octobre. Et donc sans concertation avec les syndicats. Mais du côté de la FGTB, le discours est plus optimiste. "A notre niveau, nous estimons qu'il existe encore des possibilités de discussion avec l'employeur", assure Lionel Quebella (FGTB). "Des propositions vont être présentées aux travailleurs prochainement. Pour nous, l'heure n'est donc pas à la grève puisque la direction accepte le dialogue. Mais si ces discussions, qui visent à négocier un volet social, échouent, nous pourrions rejoindre le mouvement de grève."

Il est tout de même primordial pour le syndicat socialiste de trouver un accord sur un volet social. "L'activité de cette entreprise périclite depuis des années puisque la vente de CD et de DVD dégringole avec la digitalisation. Mais l'entreprise a tout de même encore un avenir si elle s'adapte à de nouveaux marchés. Pour cela, il fait néanmoins que l'employeur accepte de poursuivre ses activités en proposant un bon volet social aux travailleurs."