Les autorités locales fulminent et annoncent qu'elles n'en resteront pas là.

Les autorités communales ne mâchent pas leurs mots à l’égard d’une décision de la ministre des pouvoirs locaux et du logement Valérie De Bue (MR), n’hésitant pas à parler de « hold-up contre le Logis Quaregnonnais. » Ce 15 mai dernier, lors d’un conseil d’administration du Logis, les administrateurs apprenaient que la ministre avait autorisé « une prise de contrôle totale de la société d’habitations sociales par un commissaire spécial de la Région wallonne. »

Le Logis quaregnonnais gère environ 880 habitations et emploie 19 travailleurs. En septembre 2018, à l’issue d’une assemblée extraordinaire convoquée à la suite d’une missive de la Société Wallonie de Logements faisant part d’une série de manquements dans le chef du directeur-gérant, ce dernier était licencié pour faute grave. Des manquements dans la gestion administrative avait été pointé, il n’était donc pas question de problèmes financiers ou de malversations.

La décision de la ministre Valérie De Bue étonne donc. « Dès la découverte des problèmes de gestion de l’ancien directeur-gérant, toutes les dispositions ont été prises pour faire face à cette fâcheuse situation. Le CA et sa présidente, Elena Millitari, ont par exemple lancé le recrutement d’un nouveau directeur-gérant et d’un directeur technique », soulignent la présidente et Jean-Pierre Lépine (PS), bourgmestre de Quaregnon et administrateur du Logis.

« Il convient de rappeler les finances saines et confortables du Logis Quaregnonnais grâce auxquelles le conseil d’administration planchait sur la concrétisation de grands projets de rénovation et d’isolation, travaux dont les habitations quaregnonnaises ont plus que jamais besoin. Nous sommes consternés et révoltés devant cette décision arbitraire et non-concertée du gouvernement wallon. Comment ne pas voir là une manœuvre politicienne honteuse, à une semaine du triple scrutin ? »

Et les autorités d’ajouter : « Comment ne pas penser que les réserves financières du Logis Quaregnonnais sont convoitées par d’autres quand le commissaire éphémère de la Région Wallonne, chargé d’accompagner le Logis Quaregnonnais dans sa restructuration avait déjà parlé de fusion forcée, fusion à laquelle nous étions fermement opposés. Il s’agit d’un déni de démocratie prenant en otage les travailleurs et les locataires du Logis quaregnonnais. »

Estimant la décision de la ministre injuste et « insultante vis-à-vis de l’autonomie locale », Elena Millitari et Jean-Pierre Lépine annoncent leur attention de porter cette affaire devant « les plus hautes juridictions compétentes et à défendre avec force les intérêts des locataires, des travailleurs et du territoire quaregnonnais. » Des contacts avec un avocat expert en droit administratif sont en ce sens actuellement pris.

La ministre souhaite une fusion entre le Logis et une autre société de logements

Pour le gouvernement, pas question de remettre à plus tard le projet de fusion entre le Logis et une autre société. "Une décision du Conseil d'administration du "Logis Quaregnonnais du 20 mars 2019 décidant de remettre à plus tard un éventuel processus de fusion est contraire à la lettre et à l'esprit de la décision du Gouvernement wallon du 20 décembre 2018", explique Sabrina Berhin, porte-parole de Valérie De Bue. "Il semble évident au vu de cette décision que les organes de gestions de la société n'affichent pas la même volonté que celle exprimée par le Gouvernement."

D'où la décision de remplacer le premier commissaire spécial. "Ce dernier avait commencé sa mission au premier janvier dernier. Rapidement, des bâtons ont été mis dans ses roues afin de retarder le projet de fusion. Il a depuis démissionné mais sera remplacé par un second commissaire spécial, dont le champ d'actions est élargi. "Les rapports du commissaire spécial du Gouvernement au Comité d'accompagnement des commissaires spéciaux ont notamment mis en évidence toute l'inefficacité de la gestion de la société rendant d'autant plus nécessaire la préparation rapide du processus de fusion avec une autre société disposant d'un management efficace et éprouvé."