Ce vendredi à 16 heures, les régions du Nord et du Pas-de-Calais, en France, sont passées en zone rouge. Les Belges ne peuvent plus s’y rendre… À quelques exceptions près du moins, ce qui suscite une avalanche de questionnements dans le chef des frontaliers, habitués à passer la frontière quotidiennement.

Les bourgmestres des communes frontalières comme Dour, Hensies, Quiévrain, Honnelles ou encore Quévy tentent dès lors de répondre aussi précisément que possible à ces citoyens quelque peu déboussolés… Non sans pousser au passage un coup de gueule. "Dans la mesure du possible, je suis un bon soldat qui fait appliquer localement les décisions fédérales", explique Carlo Di Antonio.

"Je veux bien être solidaire de ces décisions en situation de crise mais je dois bien avouer que j’arrive à saturation, comme sans doute la plupart de mes collègues de communes similaires. Plus on avance, plus les mesures sont illisibles, incompréhensibles et inapplicables." Ces dernières heures, le bourgmestre de Dour est assailli de questions.

C’est donc via les réseaux sociaux que ce dernier a décidé d’apporter une réponse. "Les voyages non essentiels au départ de la Belgique et vers la Belgique sont interdits compte tenu de la situation épidémiologique défavorable, mais ces règles ne s’appliquent pas aux personnes ayant une fonction essentielle ou qui ont un besoin essentiel."

Par exemple des personnes qui vont travailler ou étudier au-delà de la frontière, qui doivent se déplacer dans le cadre d’une visite médicale ou qui se déplacent pour des raisons familiales impératives, comme le regroupement familial, la garde alternée, etc… "Ces déplacements essentiels nécessitant de traverser la frontière restent autorisés", insiste Carlo Di Antonio.

Les résidents transfrontaliers peuvent par ailleurs également se rendre en France pour des activités de courte durée (faire ses courses) ou pratiquer un sport (abonnement, compétition, entrainement en club,…). "Mais les journées shopping dans les villes plus éloignées et les journées sportives en France ne sont, elles, pas permises. En pratique, cela devient ingérable et le contrôle du respect de ceci s’avère impossible à opérer de manière systématique", regrette le bourgmestre.

Si les autorités et les polices locales comptent avant tout sur le civisme et le sens des responsabilités de chacun, force est de constater qu’en pratique, faire respecter ces nouvelles mesures est impossible.