Ce jeudi matin au départ du site d’Hygea à Manage, un arrêt de travail spontané était mené par les travailleurs des équipes en charge de la collecte en porte-à-porte. La grève se poursuit ce vendredi, avec pour conséquence que les collectes du jour ne seront pas assurées sur les communes de Seneffe et Binche. Rapidement, la direction de l’intercommunale avait déploré cette grève spontanée. Du côté du conseil d’administration aussi, le ras-le-bol est total.

Échevin à Quévy et vice-président de l’intercommunale, David Volant (MR+) ne mâche d’ailleurs pas ses mots. "Ma position est très claire, je l’ai partagée ce jeudi en bureau exécutif : il est totalement inadmissible de se lancer dans une grève sauvage qui met à mal le travail de l’intercommunale et pénalise les communes et leurs habitants, qui en sont les usagers. Lorsque l’on veut faire respecter le droit de grève, il y a des procédures à respecter, un préavis à déposer, des discussions à mener."

Et de poursuivre : "Déclencher l’arme ultime que doit représenter la grève avant même d’avoir entrepris cela, c’est inacceptable. J’ai donc proposé au bureau exécutif que les communes qui n’ont pu bénéficier des collectes ce jeudi, ce vendredi et qui n’en profiteront pas non plus ce samedi puissent faire appel à une firme privée tout en envoyant la facture à l’intercommunale Hygea." La proposition a été validée par le bureau exécutif.

Les communes concernées ont été averties par le directeur d’Hygea. "C’est la goutte de trop alors qu’un halte-là avait déjà été posé en novembre. Il est désormais temps de siffler la fin de la récréation ! Ce ne sont pas les syndicats qui gèrent l’intercommunale, mais des communes et un conseil d’administration. Et qu’ils ne viennent pas encore se présenter en grands sauveurs en proposant de se remettre autour de la table. Nous en avons assez."

Ces récents événements viennent en s’ajouter à d’autres et mènent à une véritable saturation, dans le chef des autorités communales. De nombreuses communes ont en effet déjà formulé leur intention d’envisager quitter purement et simplement l’intercommunale. "Des réflexions doivent être menées urgemment. La crainte, c’est que de nombreuses communes quittent l’intercommunale en 2026, ou avant. Si les syndicats veulent continuer à jouer, ils prennent le risque qu'une partie des collectes soit externalisée."

Avec les conséquences que l’appel à des firmes privées auraient évidemment sur la structure… Et son personnel. Pour rappel, ce jeudi matin, le personnel du site de Manage débrayait pour protester contre la non-reconduction de contrat d’un travailleur intérimaire qui, selon David Volant, ne donnait pas satisfaction. Ce dernier ajoute que les syndicats auraient également remis sur la table "une série d’arguments fallacieux" pour s’opposer au nouveau système de collecte instauré sur certaines communes.

Egalement contacté ce vendredi matin, le président de l'intercommunale, Jean-Marc Dupont, ne communiquera qu'en milieu d'après-midi. En effet, des discussions doivent encore être menées cet après-midi entre la direction et la CGSP. Le président espère qu'elles pourront déboucher sur une reprise immédiate du travail.