Jamais vraiment à court d’imagination, le fondateur de Pairi Daiza a récemment dévoilé son nouveau projet : Sanctuary, une serre tropicale qui s’étendra sur plus de cinq hectares. À ce stade, aucun calendrier n’a été dévoilé par le parc animalier mais l’enquête publique, débuté en janvier dernier, vient de se clôturer. Le groupe lensois Ecolo+ n'a pas manqué l'occasion de s’exprimer, et plus précisément de s’opposer au dernier rêve d’Éric Domb.

Le parc n’est pas situé sur la commune de Lens mais bien de Brugelette. Cependant, sa fréquentation toujours croissante a inévitablement des conséquences pour les Lensois, régulièrement las d’une mobilité compliquée et d’un charroi incessant. Il n’en fallait pas plus pour que les écologistes – eux aussi habitants et donc concernés – réagissent. Le groupe a récemment fait parvenir au service de l’urbanisme ses remarques.

"Le groupe Ecolo+ s'oppose fermement à ce nouveau projet du parc Pairi Daiza. Nous espérons que la recherche de profits d'une entreprise qui s'emballe dans une spirale infernale d'expansion ne compromette plus encore le présent et l'avenir de notre région déjà trop impactée par cette démesure", commente Anne Van Nieuwenhove, cheffe de groupe. "Ce projet risque d’avoir des conséquences plus que négatives sur notre environnement ou notre cadre de vie."

En matière de mobilité, notamment. "Quid de l’accès au parc via d’autres modes de déplacement que la voiture ? Une étude globale dans ce sens ne serait-elle pas souhaitable et n’est-ce pas justement le moment d’y penser en donnant un gros coup d’accélérateur ? La mobilité entre les différents villages avoisinants via certaines voiries spécifiques se fera-t-elle toujours ou certains chemins d’accès sont-ils voués à devenir des voies sans autre issue que de se rendre aux différents parkings du parc ?"

D’un point de vue purement écologique aussi, le projet inquiète. "L’augmentation de l’empreinte carbone du parc et de ses agrandissements ne sera pas négligeable et ne semble pas pris en compte dans la globalité du projet. Pas plus que la consommation d’eau via l’augmentation des besoins et les pompages dans les nappes phréatiques. Les ressources en eau sont précieuses et devraient être attribuées en priorité aux besoins de base des habitants et agriculteurs. Quid de ceux-ci en cas de sécheresse ?"

Et de poursuivre : "Au niveau de la ruralité et de notre agriculture, nous nous posons la question du bien fondé d'avoir converti des zones agricoles en zones de parking, une conversion qui a bien entendu des impacts irréversibles sur l'agriculture et la production de denrées alimentaires mais aussi sur la faune et la flore." Enfin, les élus craignent un impact sur le paysage et le patrimoine. "Les constructions envisagées sont d’une ampleur et d’un style peu compatible avec le patrimoine historique de l’abbaye de Cambron et les constructions du village et de la région. Elles seraient visibles de loin et pourraient modifier le paysage et constituer une pollution visuelle dans un cadre rural."

Bref, pour le groupe, c’est un non catégorique. Mais la décision ne leur reviendra évidemment pas.