Ces derniers mois, plusieurs conseils communaux ont adopté des motions pour réclamer plus de transparence et de clarté de la part d’Elia, gestionnaire du réseau électrique belge, dans le cadre de son projet d’autoroute électrique baptisé Boucle du Hainaut. Ce sont désormais les citoyens qui se mobilisent afin de tenter de préserver leur cadre de vie.

À Lens, près de 226 citoyens composent désormais le groupe Facebook "Lens – Boucle du Hainaut – Projet Elia – Actions citoyennes." Ceux-ci espèrent avoir voix au chapitre alors que le gestionnaire vient d’officialiser le tracé et attend désormais les propositions et alternatives des citoyens. "Nous pouvons continuer à gémir, nous plaindre que nous ne savions pas ou agir via des actions concrètes", explique Viriginie Margerin, la Lensoise à la tête du groupe citoyen.

Cette dernière a ainsi proposé un brainstorming autour de propositions capables "de faire pencher la balance de notre côté grâce à des arguments solides, à soumettre aux avocats et aux dirigeants communaux. Nous avons donc déjà plusieurs cordes à notre arc : la proximité du parc Pairi Daiza (nuisances pour les animaux), la base aérienne de Chièvres (couloir d’atterrissage), le château de Lombise, les nombreux gîtes de tourisme, des bâtiments répertoriés au patrimoine..."

Et de poursuivre : "Il reste à en trouver d’autres et ensuite à développer chaque point retenu par des arguments solides et une recherche détaillée." Pour avancer aussi rapidement et efficacement que possible, l’idée de mettre sur pied des groupes de travail est avancée. "L’objectif premier pour tous, c’est que cela ne passe pas du tout par notre commune. Mais il faut envisager toutes les options, par exemple se rabattre sur un projet souterrain. Une ligne aérienne détruirait notre cadre de vie, des projets de vie et mettrait à mal la sérénité de notre commune. Il ne s'agit pas uniquement d'être contre, c'est pourquoi nous nous armons, nous nous entourons et nous sommes conseillés pour faire valoir nos arguments. Tout le monde est concerné, pas seulement deux ou trois riverains. Personne n'a envie de pylônes de plus de 60 mètres de haut au fond de son jardin..."

Une action en porte-à-porte et une pétition afin de toucher toutes les personnes qui seraient déconnectées ou peu connectées sont également en préparation. Dans ce projet cependant, les étapes sont clairement identifiées et phasées : communes et citoyens ne disposent donc que de certains créneaux pour se faire entendre et se positionner. Du côté de Lens en tout cas, dès août 2019, une motion visant à rejeter le parcours proposé avait été voté à l’unanimité. Le signal semblait donc assez clair.