Le Ministre de l'Intérieur estime que l'obligation du port du masque décidée n'est pas autorisée.

La surprise, c'est le sentiment qui a animé les bourgmestres de Quiévrain, Dour, Honnelles et Hensies ce lundi 18 mai après avoir reçu un courrier du Gouverneur du Hainaut, Tommy Leclercq. Dans cette lettre, ce dernier explique que le Ministre de l'Intérieur Pieter De Crem lui demande de contrôler si les administrations locales respectent bien les décisions prises par le Conseil national de sécurité. Notamment le port du masque vivement recommandé mais pas obligatoire.

Or, les quatre communes des Hauts Pays ont pris une ordonnance de police pour rendre le masque obligatoire dans les magasins, aux guichets des administrations publiques et plus généralement dans les espaces confinés accessibles au public. Le Gouverneur du Hainaut demande aux bourgmestres de retirer cette ordonnance avant le 22 mai. Ces derniers n'ont pas tardé à réagir, après s'être consultés ce mardi matin.

"Nous préparons, pour Monsieur le Gouverneur, une réponse qui permettra d’expliquer de manière plus détaillée encore les raisons qui justifient un certain nombre d’ordonnances portant sur la fermeture des frontières, les interdictions d’accès aux maisons de repos et l’obligation du port du masque dans les magasins et espaces publics confinés", débutent Véronique Damée, Carlo Di Antonio, Eric Thiébaut et Matthieu Lemiez. 

"La loi donne clairement aux Bourgmestres le pouvoir de prendre des mesures complémentaires lorsque les circonstances particulières le requièrent. L’UVCW l’a encore rappelé dans un avis très récent. Nous estimons qu’étant situé non seulement au cœur de l’épidémie, mais aussi en zone frontalière nécessitant des contrôles accrus nous agissons pour protéger au maximum notre population."

Et de poursuivre. "Le déconfinement maintenant d’application en France et qui amène de nombreux frontaliers dans nos commerces est une situation particulière qu’il nous revient de gérer avec la plus extrême prudence. L’autonomie communale nous permet de prendre des décisions pour s’adapter aux spécificités de notre territoire dès lors qu’il s’agit de la sécurité de nos concitoyens. Nul ne saurait nous enlever cette prérogative." 

En bref, il n’est pas dans leurs intentions de retirer les ordonnances prises. "Elles restent donc pleinement d’application. Si une autorité veut nous empêcher de protéger au mieux notre population il est toujours possible d’aller en recours contre nos ordonnances mais nous notons avec satisfaction que ce n’est actuellement pas le cas. Nous proposons à Monsieur le Gouverneur, de pouvoir également en discuter de vive-voix lors de la prochaine réunion de concertation qu’il lui plaira de bien vouloir organiser."