C’est une nouvelle fois dans l’urgence et la précipitation que les pouvoirs organisateurs et directions d’école devront se préparer à accueillir leurs élèves, ce mercredi. Car à l’heure d’écrire ces lignes, la circulaire ministérielle leur donnant les consignes à appliquer pour renforcer la lutte contre le coronavirus au sein des établissements était toujours attendue. Autant écrire que pour beaucoup, le ras-le-bol est total.

A priori, les réfectoires seront fermés, les récréations séparées, les locaux mieux aérés et les classes fermées dès le premier cas positif. "Nous attendons de prendre connaissance de la circulaire mais ce qui est pénible, c’est de sans cesse être dans l’urgence, de devoir s’adapter en quelques heures !", peste Catherine Houdart (PS), échevine de l’enseignement à Mons. "Depuis des mois, une série de mesures est déjà en place mais on stigmatise les écoles en estimant qu’elles sont un haut lieu de contamination. Je ne suis en mesure de contredire cela, mais je me pose des questions."

L’échevine s’inquiète aussi de la possibilité de fermer une classe dès la première contamination. "Il ne faut pas se voiler la face, ça arrivera. Ce qui signifie que les enseignants devront s’adapter très rapidement pour continuer à assurer les cours, à distance ou via des documents qu’il faudra faire parvenir aux parents. D’un point de vue pédagogique, ce n’est pas la même chose, des adaptations seront nécessaires, encore une fois du jour au lendemain. Ce qui, selon nous, serait une solution, c’est la vaccination prioritaire des enseignants !"

Une demande également formulée par Florence Van Hout (MR), échevine de l’enseignement à Frameries. "C’est une politique à double vitesse car le secteur est essentiel lorsqu’il s’agit de ne pas fermer les écoles mais ne l’est plus lorsqu’il s’agit de vaccination", regrette-t-elle. "Nous constatons pourtant que l’absentéisme pour cause de contamination est plus important chez les enseignants que chez les enfants. Nous ne pouvons pas garantir qu’elles ont lieu dans les écoles, mais la vaccination pourrait être une solution."

L’échevine attend elle aussi la circulaire de la ministre. Mais elle se dit favorable au maintien des écoles ouvertes. "Beaucoup de choses sont déjà en place mais il faut tout faire pour ne pas arriver à une nouvelle fermeture. Nous l’avons constaté l’an dernier, les écarts se sont creusés, les lacunes se sont renforcées. Des mois plus tard, nous tentons toujours de rattraper le temps perdu. Ce n’est pas simple, nous naviguons à vue et du jour au lendemain, tout peut changer, de nouvelles mesures peuvent être prises."

Les pouvoirs organisateurs espèrent que la circulaire leur parviendra dans les prochaines heures. Il restera alors à en prendre connaissance… Et à gérer tant bien que mal puisque d’ici mercredi, les nouvelles mesures devront être appliquées.