La nouvelle était dans l’air, elle a été officiellement confirmée par les organisateurs lors d’une conférence de presse mercredi après-midi à Frameries : l’édition 2022 du Grand Prix Cerami n’aura pas lieu. Un coup dur après les annulations de 2020 et 2021 provoquées par le coronavirus.

Beaucoup de rumeurs ont entouré ce secret de polichinelle au cours des dernières semaines. Les organisateurs ont donc voulu "exposer les faits de manière objective" pour "faire la lumière" sur le couac de cette édition 2022.

"Depuis un arrêté royal de juin 2019, les organisateurs de courses professionnelles doivent respecter un agenda bien précis et notamment, effectuer les demandes de passage des communes traversées 14 semaines avant le départ", explique Laurent Haegeman, secrétaire générale. "Le 30 mars, nos demandes ont donc été envoyées aux divers bourgmestres. Pour la plupart, les autorisations n’ont pas tardé. Mais ce fut un peu plus compliqué dans le Borinage."

Les organisateurs se veulent diplomates et refusent de désigner précisément l’une ou l’autre commune. Mais il a déjà été révélé il y a quelques jours que le tracé coinçait du côté de Colfontaine. "Une commune voisine est revenue sur sa décision d’autoriser le passage de la course alors que nous avions un document écrit signalant un accord de principe avec un subside à la clé", poursuit le secrétaire général. "Le 19 mai, nous avons même rencontré le bourgmestre en question qui nous a d’abord confirmé son refus avant de marquer son accord vingt minutes plus tard en fin de réunion. Cela devait nous être signifié par écrit dans les 24 heures. Aujourd’hui, nous attendons toujours ce document."

Une autre commune anonyme dans la bouche des organisateurs - il s’agit de Quaregnon - s’était également opposée au passage de la course avant de revenir sur sa décision avec une proposition alternative à la suite des contacts pris par la Ville de Frameries qui devait accueillir l’arrivée du Grand Prix. Mais les autorisations sont arrivées tard. Ces divers contretemps et ces semaines de tergiversation ont mis en péril l’organisation de la course. "Nous étions hors délais pour présenter le parcours à la Royale ligue vélocipédique belge ainsi que pour rentrer le guide technique auprès de l’UCI. Nous ne pouvions pas non plus communiquer des informations à la police qui doit s’organiser pour encadrer la course." Et le secrétaire général d’ajouter : "Nous sommes un comité de bénévoles, nous ne gagnons pas d’argent avec cet événement, c’est notre hobby. Mais sur la ligne de départ, il y a des coureurs dont c’est le métier. On ne peut pas prendre le risque de briser une carrière sur un parcours qu’on ne maîtrise pas. Si nous n’avons pas 100 % de garanties au niveau de la sécurité, nous n’en avons pas. La décision d’annuler la course est difficile, mais c’est la plus sage."

Selon les organisateurs, c’est donc bien ces incertitudes sur le parcours qui ont compromis l’édition 2022. "On a entendu dire que le Cerami était au bord de la faillite. Mais malgré la conjoncture et le manque de sponsoring, le budget aurait pu être bouclé", assure Olivier Planckaert, trésorier. "Les Villes de Mons et de Frameries ne nous auraient pas soutenus si l’organisation n’était pas au point. 23 équipes s’étaient engagées dont Lotto Soudal, Cofidis ou encore Intermarché Wanty Gobert. Nous avions un plateau intéressant."

C’est donc un coup de massue pour les organisateurs. Mais ils espèrent que l’histoire de GP Cerami ne s’arrêtera pas là, après 53 éditions. "L’annulation a été décidée à l’unanimité des membres du comité. Nous sommes profondément déçus de cette décision qui, si elle est déplorée, a été saluée par les autorités de Mons et Frameries. Le Cerami a été victime d’un fameux coup de frein. La digestion des événements prendra du temps. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’épreuve marque un temps d’arrêt. Laissons-nous, laissez-nous le temps de penser à un Cerami différent", conclut Edouard Gallée, vice-président de la course.

Nous avons tenté de joindre le bourgmestre de Colfontaine, sans succès.