Pour assurer son avenir et la pérennité de son activité, la direction de l’entreprise Bridgestone Aircraft, installée à Frameries, avait annoncé début janvier son intention de licenciement 18 travailleurs et deux sous-traitants, de mettre en place une politique de réduction de 15% des coûts salariaux et de modifier l’organisation du travail. Des mesures drastiques, consécutives à la crise sanitaire et à ses répercussions sur le secteur aéronautique.

Les négociations avaient rapidement été entreprises par la FGTB afin de tenter de limiter au maximum la casse. Les discussions viennent de prendre fin et plusieurs victoires ont été engrangées par le syndicat. "Nous avons fait en sorte d’ouvrir la porte aux départs des travailleurs âgés, alors que la direction voulait uniquement licencier des travailleurs qui n’étaient pas assez productifs", explique le syndicat.

"Ce combat nous a permis de faire en sorte que la moitié des départs soient volontaires, ce qui permet aux travailleurs âgés de sortir dignement après pour certains avoir réalisé leur carrière ou une partie de celle-ci au service de l’entreprise." De même, des avancées ont pu être obtenues en matière de réduction des coûts salariaux. "Nous avions fait savoir que nous n’accepterions pas que des avantages soient retirés sur le long terme et que l’on touche d’une manière ou d’une autre au salaire. Nous avons obtenu une victoire sur ces deux points."

Le syndicat annonce avoir été force de proposition afin de trouver des alternatives d’économies concrètes ne touchant pas aux rémunérations des travailleurs. "Nous avons analysé les possibilités de réduire les dépenses au niveau du poste services et bien divers. Nous avons également proposé des modifications de l’organisation du travail qui permettront à l’entreprise de réaliser des économies non négligeables."

À ce stade, ce plan global a été présenté aux employés et aux ouvriers. "Les travailleurs, qui ont fait preuve tout au long de ces semaines d’un soutien indéfectibles envers l’équipe de négociation, ont accepté ce protocole d’accord. Nous en en sommes donc à l’étape de signature des conventions balisant cet accord." La situation reste cependant toujours compliquée pour l’entreprise framerisoise qui, avant la crise, se portait extrêmement bien.

"L’avenir comporte toujours une part d’incertitude. Une mesure clé nécessaire au processus de rétablissement de Bridgestone et d’autres entreprises doit être la prolongation du chômage corona jusqu’à la fin de l’année 2022. Cette mesure permettrait aux entreprises fortement impactées par la pandémie de sortir progressivement la tête hors de l’eau sans devoir toucher à l’emploi." Pareille mesure ne dépend cependant que du gouvernement. La balle est donc dans son camp.