L'année avait déjà mal commencé pour l'entreprise Bridgestone. On l'apprenait ce 4 janvier, lors d’un conseil d’entreprise extraordinaire, la société active dans l'aéronautique annonçait se séparer de 18 de ses travailleurs et de deux sous-traitants à Frameries. Impactée par la crise du secteur, Bridgestone n'avait pas d'autre choix que de diminuer ses coûts salariaux de 15%. Elle avait d'ailleurs eu recours à un chômage corona massif, après que le niveau d'activité ait fortement chuté. " Ils ont parfois chômé à raison de 40 % durant le premier confinement, ce contrairement à d’autres entreprises appartenant pourtant au même secteur de la chimie, moins impactées, qui ont tourné à plein régime", explique Éric Thiébaut, bourgmestre de la commune d'Hensies.

Ce dernier a interpellé le ministre de l'emploi, Pierres-Yves Dermagne, à ce sujet. Le député wallon a joué le rôle de porte-parole des syndicats. Des représentants qui défendent l’idée d’un système d'aides corona qui dépasserait l’approche purement sectorielle. "Concrètement, ils souhaiteraient que le gouvernement fédéral puisse se baser sur les données de l’ONEM et de l’utilisation du chômage corona de chaque entreprise, entre mars 2020 et décembre 2021", déclare Éric Thiébaut. "Les syndicats proposent notamment un palier – 25 % du personnel se retrouvant au chômage par exemple – au-delà duquel l’aide serait prolongée automatiquement pour les entreprises ayant eu recours à ce type de chômage." Les syndicats réclament donc une aide plus ciblées et prolongée pour les travailleurs victimes des pertes d'emploi.

Point intéressant : le député a demandé de faire appliquer le prolongement du chômage spécial corona jusqu'en 2022, pour permettre aux entreprises comme Bridgestone de Frameries de traverser la crise. Rappelons-le, avec "seulement" 18 personnes licenciées sur environ 200 employés et ouvriers, la procédure Renault n'a pas pu être déclenchée. Conscient que le chômage temporaire est le seul rempart contre les licenciements, le ministre est favorable à une prolongation. "Je pense qu'on doit pouvoir envisager des mesures d'accompagnement telles que le chômage temporaire sur des périodes plus longues pour des entreprises qui vont continuer à être impactées sur le moyen ou long terme par des conséquences de la crise sanitaire", continue Pierres-Yves Dermagne. "Il est donc clair que je veillerai personnellement à ce que les systèmes qui seront mis en place soient les plus efficaces possible à cet égard."

Le ministre, à l'aide de son cabinet, a confirmé étudié l'application de mesures plus ciblées, pour accompagner les entreprises sur le long terme. La même logique avait été appliquée pour les entreprises impactées par le Brexit. "Comme vous, je suis convaincu que nous devons aider nos entreprises à surmonter la crise et que nous ne devons laisser aucun travailleur, aucune travailleuse, sur le bord du chemin de la reprise", termine le ministre Dermagne. Des décisions qui laissent présager un rayon de soleil dans un ciel un peu gris.