Borinage

Il est en aveux d'avoir participé à un vol avec violence de cigarettes, la nuit du 20 au 21 octobre 2016 dans la ferme de Beaumont à Roisin.

Me Frank Discepoli a plaidé, vendredi, devant la cour d'assises du Hainaut pour Loïc Harvengt, en aveux d'avoir participé à un vol avec violence de cigarettes, la nuit du 20 au 21 octobre 2016 dans la ferme de Beaumont à Roisin. Cette nuit-là, Jean-Claude Libiez a été tué par balle alors que son frère Bernard a été grièvement blessé.

Pendant plus de trente-deux mois, Loïc Harvengt a maintenu la même version. Cette nuit-là, il était accompagné de Franz Pottiez, Torino Dubois, Josué Krier et Brondon Kempfer. "Une version qui rencontre les éléments objectifs du dossier. Depuis lundi, on a une autre version. Je ne suis pas autorisé à vous expliquer pourquoi il a changé de version", a déclaré l'avocat. 

Dans le box, le frêle Loïc tremble de peur depuis le début du procès. Loïc Harvengt a fait une demande à son avocat. "Il demande de vous faire comprendre qu'il n'est pas un meurtrier. C'est compliqué, il a participé à quelque chose qui a entraîné la mort d'un homme. Il m'a dit : Maître, dites leur que je n'étais pas dans la cuisine", pièce dans laquelle des coups de feu ont été tirés. L'avocat a demandé aux jurés de prendre garde à la fragilité des témoignages humains puisque Bernard Libiez et sa mère, menacée d'une arme dans sa chambre, n'ont pas vu la même chose. 

Ainsi, selon Bernard Libiez, il y avait quatre hommes dans la cuisine, trois de taille égale et un plus grand et plus costaud, "ce qui semble plus correspondre à Franz Pottiez qu'à Loïc Harvengt". L'avocat relève que, cette nuit-là, 64 caisses de cigarettes ont été emportées et plus de 80 sont restées sur place. "La camionnette a une capacité de dix mètres cubes. On a chargé deux à trois mètres cubes. Pourquoi ne pas aller jusqu'au bout ? Loïc a fui après avoir entendu les coups de feu car il n'aime pas la violence. C'est Franz Pottiez qui l'a récupéré un peu plus loin"

Me Discepoli se demande s'il est logique de condamner quelqu'un pour un meurtre qu'il n'a pas souhaité, qu'il n'a pas prévu. "Comment celui qui ne sait pas qu'on va tuer peut-il être tenu responsable de ce meurtre ? Dans la tête de Loïc Harvengt, il ne faut pas descendre ces personnes pour réussir ce vol, comme l'a déclaré l'avocat général". Même si sur la peine cela ne changera pas grand-chose, Loîc Harvengt souhaite affirmer qu'il n'est pas un meurtrier. Pour sa défense, il a été solidaire du vol mais pas du meurtre.