Borinage

Les accusés utilisaient les GSM de leurs proches ou encore des cartes prépayées pour contrer l'enquête.

Les policiers chargés d'enquêter sur le vol avec violence et le meurtre commis dans la ferme de Beaumont à Roisin, en octobre 2016, ont présenté mardi devant la cour d'assises du Hainaut l'enquête de téléphonie. Celle-ci a mis au jour des contacts entre les accusés avant et après le crime, mais pas au moment des faits. Dans la nuit du 20 au 21 octobre 2016, vers 01h30, deux hommes armés sont entrés par effraction dans la ferme de Beaumont à Roisin, exploitée par la famille Libiez. Proche de la frontière, cette ferme vendait du tabac, objet du vol. Des coups de feu ont été tirés lors de l'attaque et les frères Bernard et Jean-Claude Libiez ont été touchés. Jean-Claude est décédé, tandis que Bernard a été admis à l'hôpital dans un état grave. Leur mère se trouvait en état de choc.

Loïc Harvengt, Josué Krier, Torino Dubois et Brondon Kempfer sont accusés d'avoir perpétré cette attaque. Le premier ne conteste pas sa présence sur la scène de crime, tandis que les trois suivants affirment qu'ils étaient en train de commettre un vol dans la région de Soignies cette nuit-là. Le couple formé par Thomas Audin et Sylvie Cuelle aurait quant à lui fourni de précieuses informations à Franz Pottiez, que l'enquête désigne comme étant le commanditaire. L'auteur du tir mortel reste inconnu.

Les enquêteurs ont détaillé mardi devant la cour les contacts téléphoniques entre les différents accusés, alors que ceux-ci ont prétendu ne pas posséder de GSM. Auditionné, le vendeur de la camionnette qui a servi à transporter les cigarettes et le tabac volés à la ferme avait livré aux enquêteurs le numéro de l'acheteur. Ce numéro s'est révélé être celui de la belle-soeur de Franz Pottiez. Entre le 1er et le 25 octobre 2016, ce téléphone a eu des contacts réguliers avec les lignes attribuées à Loïc Harvengt, à la compagne de ce dernier et à Thomas Audin, le garagiste voisin des Libiez.

L'utilisation des GSM de proches, de cartes prépayées, le fait de couper ou de ne pas emporter de téléphone constituent autant de "stratégies pour contrer l'enquête", a ainsi estimé un enquêteur.

La veille du crime, les téléphones reliés à Franz Pottiez et à la compagne de Loïc Harvengt ont activé la borne située près de la ferme Libiez. Le second contacte en outre la ligne attribuée à la compagne de l'accusé Torino Dubois, lequel répond par un SMS vers 22h30. Si les mises en liaison ont été régulières avant et après l'attaque de la ferme, les contacts sont inexistants entre tous ces numéros pendant le vol avec violence.

"Au moment des faits, aucun téléphone n'active la borne la plus proche de la scène de crime", a expliqué à la barre un policier. Aucun téléphone n'active non plus de borne à Soignies, où le trio Krier-Kempfer-Dubois prétend avoir commis le vol d'une remorque à l'heure du crime. Ces téléphones ont cependant été activés plus tard dans la nuit à un même endroit: la discothèque de Jemappes.

Les enquêteurs poursuivront leur exposé lors de l'audience de ce mercredi.