Borinage

Les victimes ont raconté les faits survenus la nuit du 20 au 21 octobre 2016 à Roisin.

Claudette Guéry et Bernard Libiez, mère et frère de Jean-Claude Libiez qui est décédé par balle la nuit du 20 au 21 octobre 2016, se sont exprimés devant la cour d'assises du Hainaut, jeudi après-midi. Victime d'un coup de feu, Bernard Libiez reste marqué à vie par ce vol, tout comme sa maman âgée de 85 ans, qui a vu ses deux fils blessés, couchés sur le sol.

Grièvement blessé par un coup de feu, Bernard Libiez se souvient de cette nuit tragique. "Je pense que je suis allé me coucher vers 1h, ma mère et mon frère étaient déjà couchés. J'ai entendu maman crier un quart d'heure plus tard. Ce n'était pas normal. J'ai réveillé mon frère qui dormait. Je suis descendu vers le café. Au loin, j'ai vu trois personnes dans la cuisine qui était allumée. Ils étaient encagoulés mais je n'ai pas vu d'arme. Je me suis avancé vers eux et j'ai reçu un coup de couteau, deux coups de barre à la tête. Cela a été très vite et je me suis écroulé au pied du feu".

Il poursuit : "J'ai vu mon frère qui arrivait par le café. Je l'ai vu tomber au sol près du frigo. Il s'est relevé mais il est tombé derrière la table qui avait été renversée par un des trois hommes, avant l'arrivée de mon frère. Les trois sont partis et un quatrième est revenu, armé d'un fusil de chasse, il a tiré dans le plafond et il a réclamé de l'argent. Cet homme était assez grand et bien bâti. Il était entré par la porte qui donne dans la véranda".

Cet homme avait l'air de donner des ordres.

Bernard se souvient que l'un des malfrats avait une barbe car il relevait toujours sa cagoule mais il ne se souvient pas d'avoir entendu des coups de feu. "Cela a été tellement vite", dit-il. Par contre, il se souvient que la porte de la véranda était fermée, tout comme la porte du café. "La porte du garage est fermée par télécommande et on avait actionné le verrou de sécurité suite à la tentative de vol qui s'est déroulée dix jours plus tôt. Comme on avait été livré en cigarettes le jeudi après-midi, c'était verrouillé d'office".

Sa maman a raconté qu'elle est allée se coucher vers 22h dans la chambre située au rez-de-chaussée. "Je me suis réveillée à cause du bruit. Il y avait un monsieur qui tenait un revolver sous mon menton en me disant de ne pas bouger. Il était encagoulé, de corpulence moyenne, plutôt mince. Il n'avait pas d'accent. J'ai entendu qu'on demandait à Bernard si on avait de l'argent. Il lui a répondu qu'il avait déposé l'argent à la banque."

Elle est sortie de sa chambre quand le calme est revenu. "J'ai vu mes deux garçons couchés par terre. Je criais Jean-Claude, Jean-Claude mais il n'a jamais répondu. Bernard m'a dit d'aller chercher du secours. Je suis allée chez Charles mais il dormait. Je suis allé chez Thomas qui s'est levé. Je lui ai dit qu'on était venu voler. Sa dame a appelé les secours et ils sont venus à la maison. Ils sont entrés dans la cuisine en passant par le café. Ils étaient calmes".

Loic Harvengt a présenté ses excuses aux victimes, tout comme Sylvie Cuellle, qui fut voisine des victimes durant plus de quinze ans. "Je n'ai jamais souhaité de mal à mes voisins", a-t-elle déclaré.