Borinage

Si Me Discepoli, avocat de Loïc Harvengt, a déclaré que rien ne serait contesté, les avocats des autres accusés ont annoncé qu'ils plaideront l'acquittement. 

La cour d'assises du Hainaut, qui juge depuis une semaine et demie un vol avec violence de cigarettes, avec circonstance aggravante de meurtre, a entendu mercredi les derniers témoins de moralité. Les plaidoiries débuteront jeudi avec les avocats des parties civiles. Me Rivière et Me Brotcorne représentent Bernard Libiez et sa mère. La nuit du 20 au 21 octobre 2016, la ferme de Beaumont à Roisin, appartenant à la famille Libiez, était la cible d'une attaque à main armée. Des malfrats étaient venus voler le stock de cigarettes car la famille Libiez tenait un commerce de tabac en bord de frontière. La famille Libiez avait été livrée quelques heures plus tôt.

Bernard Libiez est descendu quand il a entendu sa mère crier, un homme était en train de la braquer avec une arme. Bernard s'est battu avec les malfrats alors que son frère, Jean-Claude, était descendu au rez-de-chaussée. Les deux frères ont été blessés par balle. Si Bernard s'en est sorti après plusieurs opérations, Jean-Claude est décédé. La balle a déchiré l'artère rénale, provoquant une forte hémorragie.

Franz Pottiez est soupçonné d'avoir organisé le vol mais son cas a été disjoint par ordonnance du président de la cour en raison de son état de santé, suite à un rapport rédigé par un médecin légiste. Cependant, on a beaucoup parlé de lui dans ce procès et il a été présenté comme une personnalité malhonnête et manipulatrice. Il conteste avoir organisé le coup.

Franz Pottiez a pourtant été dénoncé par son protégé, Loïc Harvengt, qui a aussi donné les noms de Torino Dubois, Brondon Kempfer et Josué Krier. Mais Loïc Harvengt, qui est en aveux, s'est rétracté au cours de l'enquête. Selon ses proches, son comportement a changé quand il s'est mis à fréquenter Franz Pottiez. Ce dernier a eu une influence néfaste sur Loïc, selon ses proches.

Torino, Brondon et Josué contestent avoir participé au vol de Roisin. Ils prétendent qu'ils étaient en train de voler une remorque et des outils à Soignies, cette nuit-là. Si Torino et Brondon ont déjà été condamnés ensemble pour des vols par la cour d'appel et s'ils sont poursuivis pour une bagarre mortelle à Mons (ils n'ont pas encore été jugés et restent donc présumés innocents), Josué est inconnu des autorités judiciaires.

Mercredi, des proches de Brondon ont été entendus. On a appris que son frère avait été victime de tirs de la part de son beau-père. Il s'agissait d'une arme de calibre 7.65, identique à celle qui a tué Jean-Claude Libiez, mais l'analyse balistique a confirmé qu'il ne s'agissait pas de la même arme.

La cour a aussi auditionné les proches de Thomas Audin et de Sylvie Cuelle, les voisins soupçonnés d'avoir donné des informations à Franz Pottiez sur les victimes, leur ferme et leur commerce. A entendre les témoins, on se demande ce que ce couple fait dans le box. Selon plusieurs proches, le couple n'avait aucun intérêt à donner des informations à Franz Pottiez. Les affaires du garagiste marchaient très bien et le couple, très travailleur, était très bien vu.

Un témoin a même raconté que Franz Pottiez l'avait mis sur la paille. Il regrette de ne pas avoir informé son ami Thomas du comportement de Franz. "Il vaut mieux ne pas travailler pour ces gens-là, ils ont la manière de faire. Il a fallu quatre ans pour que je me rende compte. J'ai fait faillite à cause de lui", a déclaré ce témoin.

Le procès se poursuivra jeudi à 9h avec la plaidoirie des avocats de la partie civile, Me Jean-Philippe Rivière et Me Damien Brotcorne. Le réquisitoire de l'avocat général aura lieu dans la foulée. Les plaidoiries de la défense sont prévues vendredi, lundi et éventuellement mardi, répliques comprises. Le jury pourrait entrer en délibération mardi ou mercredi pour débattre sur la culpabilité. Si Me Discepoli, avocat de Loïc Harvengt, a déclaré que rien ne serait contesté, les avocats des autres accusés ont annoncé qu'ils plaideront l'acquittement.