Borinage

Les avocats des parties civiles ont réclamé justice, au nom de la maman de Jean-Claude Libiez, tué par balle, et de son frère Bernard, grièvement blessé il y a trois ans et un jour.

Les avocats des parties civiles et l'avocat général ont demandé aux jurés de la cour d'assises du Hainaut, mardi, lors de la journée consacrée aux répliques, de prononcer la culpabilité des six personnes accusées d'un vol avec meurtre, commis dans la ferme Libiez à Roisin, la nuit du 20 au 21 octobre 2016. En l'absence de Franz Pottiez, dont le cas a été disjoint en raison de son état de santé, Loïc Harvengt est la première personne dans le box des accusés. Le petit protégé de Franz Pottiez a été arrêté en même temps que lui, le 6 février 2017.

"Il ne conteste pas avoir participé à un vol, donc je n'ai rien à répliquer. Par contre, il conteste la circonstance aggravante de meurtre, du bout des lèvres. On ne vous demande pas de dire qu'il a commis le meurtre mais de dire qu'il a participé à un vol qui a été facilité par un meurtre", a déclaré Me Rivière, avocat des parties civiles. "Pouvait-il prévoir qu'un meurtre allait être commis et l'a-t-il accepté ? La réponse est oui. Il dit lui-même qu'il a vu les armes, un pistolet et une arme longue".

L'avocat général ajoute : "Pendant 32 mois, il a tenu le même discours en tentant de minimiser son propre rôle. Il a changé au début du procès mais il n'est pas crédible"

Josué Krier est le second accusé dans le box. "Loïc Harvengt et Franz Pottiez ont été interpellés au même moment le 6 février. Il n'y a plus eu le moindre contact entre eux à partir de ce moment-là. Loïc Harvengt est le premier à évoquer le nom de Josué, le 10 février. Ce n'est pas Franz Pottiez qui parle de Josué Krier le premier", indique Me Rivière. Il ajoute : "Interpellé le 13 février, Josué ne peut pas savoir que Loïc l'accuse mais, d'emblée, il invoque l'alibi du vol de Soignies qui n'en est pas un. Et surtout, il implique Torino et Brondon, c'est capital".

Au sujet de Torino Dubois et de Brondon Kempfer, l'avocat des parties civiles et l'avocat général ont insisté sur le numéro attribué par les enquêteurs à Torino Dubois. Ce numéro a des contacts avec Franz et Loïc avant et après les faits. "J'ai prouvé qu'il était actif à certains moments et à certains lieux, je ne dois pas prouver qu'il était éteint au moment des faits. Ce numéro s'est baladé en compagnie du numéro de la compagne de Torino, jusqu'à Courtrai où les trois hommes ont fait du karting. Pourquoi nier l'évidence ? C'est parce que ce numéro a été en contact avant et après les faits avec Pottiez et Harvengt. Torino ne veut pas s'expliquer car cela le met mal à l'aise", insiste l'avocat général.

Après les faits, les numéros activent le borne située à proximité de la discothèque à Jemappes et, plus tard, le numéro de Pottiez active la borne de Frameries, au moment où une caméra urbaine filme deux voitures qui se dirigent vers Roisin. "Ils sont ensemble car il faut aller récupérer le butin dans le hangar qui se trouve le long de la rue du Bois, qui se trouve à trois kilomètres de la scène de crime", insiste l'avocat général. La camionnette rouge, dans laquelle ont été placées les caisses de cigarettes volées, a été incendiée le 21 octobre à Havré.

Enfin, concernant les voisins, Thomas Audin et Sylvie Cuelle, l'avocat général et Me Damien Brotcorne estiment que le couple était bien au courant des intentions de Franz Pottiez qui voulait se faire le commerce de tabac des Libiez. "Thomas Audin a donné les télécommandes avant et après la tentative de vol du 12 octobre pour cacher la camionnette et le butin. C'est une aide matérielle", insiste Me Brotcorne qui retient la participation punissable. Mais contrairement à l'avocat général, les parties civiles estiment que la circonstance aggravante de meurtre ne doit pas être retenue par les voisins.

Les avocats des parties civiles ont réclamé justice, au nom de la maman de Jean-Claude Libiez, tué par balle, et de son frère Bernard, grièvement blessé il y a trois ans et un jour. "L'espoir de justice, c'est tout ce qu'il leur reste", a conclu Me Rivière.