Borinage

Selon les victimes, le préjudice était d'un peu plus de 22.000 euros.

L'audition du juge d'instruction et des policiers chargés d'enquêter sur le vol et le meurtre qui ont été commis en octobre 2016 à la ferme Libiez à Roisin, s'est terminée mercredi devant la cour d'assises du Hainaut. Les enquêteurs ont indiqué que le butin - des cigarettes et du tabac pour une valeur de plus de 22.000 euros - n'a jamais été retrouvé. Les enquêteurs avaient peu d'éléments matériels à exploiter. Sur la scène de crime, seule la trace d'une semelle, retrouvée à l'extérieur du bâtiment, a pu être exploitée. Selon les policiers, elle pourrait correspondre à une paire de chaussures retrouvées chez Torino Dubois.

Mais ce dernier prétend qu'il s'agit de chaussures qui ont du succès chez les jeunes. Selon les policiers, le dessin des semelles et les alvéoles correspondent à la trace laissée. "Il n'y avait pas de défaut significatif et on ne peut pas dire que ce sont cellez-là", a déclaré le chef d'enquête.

Bernard Libiez, qui a survécu à un tir, a déclaré que quatre hommes étaient entrés dans la ferme, la nuit du 20 eu 21 octobre 2016, et que l'un des malfrats était ennuyé par son collier de barbe sous sa cagoule. Or, il ressort qu'à l'époque, Torino Dubois, Brandon Kempfer et Josué Krier portaient un collier de barbe.

Ces derniers soutiennent qu'ils ne sont jamais allés à Roisin cette nuit-là. Ils prétendent qu'ils étaient en train de commettre un vol dans la région de Soignies. C'est Loïc Harvengt qui, le 6 février 2017, jour de son interpellation par la police, a donné les noms des trois gitans car c'est Franz Pottiez qui lui avait dit. Lui n'avait pas pu identifier les trois hommes cagoulés.

Josué Krier a été placé sous mandat d'arrêt le 11 février alors que les deux autres se sont présentés à la police deux jours plus tard. Depuis le début, ils contestent les faits malgré le fait que le manuel d'un fusil calibre 12 a été retrouvé dans sa caravane, volée en mars 2016 chez un concessionnaire à Renaix. Or, une douille de calibre 12 a été retrouvée dans un plafond sur la scène de crime.

Le 14 février, les voisins des Libiez étaient privés de liberté. Thomas Audin et Sylvie Cuelle sont soupçonnés d'avoir donné de précieuses informations sur les habitudes des fermiers, l'état des lieux, le chemin à suivre. Ils prétendent avoir été manipulés par Franz Pottiez qui voulait "se faire" les voisins.

Enfin, les enquêteurs ont déclaré que le butin n'avait jamais été retrouvé. Selon les victimes, le préjudice était d'un peu plus de 22.000 euros.