Sauver un maximum de vies innocentes, c’est l’objectif poursuivi par l’association Sauvons Bambi. Cette dernière intervient bénévolement avec un drone, à la demande d’agriculteurs et de communes, pour détecter et sauver les faons, levrauts et nids avant que les machines ne les broient lors de la fauche. À Jurbise et à Honnelles, communes rurales, l’activité de l’association a été relayée afin que les agriculteurs puissent faire appel à elle.

Depuis le 7 mai dernier, ce ne sont pas moins de 108 faons qui ont pu être sauvés des lames et ainsi éviter de mourir dans d’atroces souffrances alors que pour tenter d’échapper au danger, ils se tapissent. "Nous tentons de travailler avec les communes afin qu’elles jouent un rôle de relai et diffusent nos coordonnées aux agriculteurs", explique Cédric Petit, président de l’asbl. "Malheureusement, trop peu nous connaissent ou prennent le temps de faire appel à nous."

En réalité, il faut souvent attendre le drame pour que le téléphone soit saisi. "Ceux qui font appel à nous sont ceux qui ont vécu le traumatisme de faucher un faon ou un autre animal sauvage. Il n’y a aucune contrainte pour les agriculteurs ou pour les entreprises qui fauchent. Nous intervenons entre 4h30 et 8 heures, tout à fait gratuitement. Nous nous déplaçons dans les 24 heures mais il est possible que deux heures plus tard, nous soyons déjà sur place. On ne dérange absolument personne."

L’association, la seule à proposer cette activité, se déplace dans toute la Wallonie. "Nous n’avons jusqu’ici jamais eu de demande en Flandre, probablement à cause de la barrière de la langue. Mais nous pourrions si des pilotes rejoignaient nos rangs. Aujourd’hui, nous sommes une vingtaine de membres mais seuls quelques-uns volent réellement. Nous souhaiterions évidemment nous agrandir pour pouvoir répondre plus facilement encore aux demandes, qui se concentrent entre mai et juin."

Pour former les pilotes à l’utilisation du drone, il faut cependant du matériel. "L’achat d’une caméra thermique représente un coût d’environ 4000 euros, qu’il est difficile d’amortir puisqu’elle n’est utilisée que pendant deux mois. C’est pourtant indispensable d’un point de vue logistique, car pour l’instant, les pilotes se partagent le matériel. Nous souhaitons également engager quelqu’un qui assurerait les permanences téléphoniques car les sollicitations sont nombreuses."

Un appel aux communes a été lancé. Mais peu ont répondu. "Si toutes font un don de 100 à 200 euros par an, on pourrait travailler plus efficacement. Mais elles ne sont que neuf à avoir répondu favorablement. Ce qui est assez hallucinant quand on voit le nombre d’animaux broyés chaque année, alors que des solutions existent." L’appel est donc lancé afin que les généreux donateurs se manifestent, comme les personnes disposant d’une vraie flexibilité et intéressées de se former au pilotage de drones.