Le soulagement est total. Après 18 mois de fermeture et d’incertitude, les gérants de boites de nuit s’apprêtent à rouvrir les portes de leurs établissements. Ce 1er octobre, toutes les personnes en possession d’un covid safe ticket pourront en effet se déhancher sur le dance floor, faire tomber le masque et oublier le respect de la distanciation physique. Bref, le temps d’une soirée, il sera possible de revivre presque comme avant.

"C’est vraiment un soulagement de pouvoir enfin retravailler", confirme Livio Lavalle, gérant du Buddha Rouge, installé sur l'entité de Quévy. "Ces 18 derniers mois ont été les plus compliqués de ma carrière. Nous n’avions pas de perspective, personne ne parlait de nous. Les factures continuaient à s’accumuler alors que plus rien ne rentrait dans les caisses. J’ai sincèrement cru que nous ne serions pas en mesure de rouvrir. Surtout que pour assurer notre réouverture, nous avons dû continuer à investir dans le club."

La présentation du covid safe ticket sera obligatoire pour espérer fouler la piste de danse. Et du côté du Buddha Rouge, on espère pénaliser le moins de monde possible. "Ceux qui ne seraient pas vaccinés et qui n’auraient pas eu la possibilité d’effectuer un test préalable pourront être testés sur place par une équipe médicale via des tests antigéniques. C’est un coût pour nous car il faut du personnel et du matériel homologué mais nous faisons notre possible pour que cette reprise se passe au mieux, pour tout le monde, et que personne ne soit laissé sur le carreau."

Évidemment, les gérants se seraient bien passés de cette mission de contrôle. "J’avoue avoir quelques craintes quant à la réaction de certains clients", admet Thierry Mallinus, gérant du Magic Lagoon et du Bercail, dans la région de Soignies. "Certains commentaires insultants ont déjà été publiés sur les réseaux sociaux, estimant qu’on était les moutons du gouvernement. On n’a pas le choix d’appliquer la loi. Nous sommes restés un an et demi sans travailler. On ne peut se permettre de rester fermés plus longtemps. J’ai injecté tout mon argent dans ces deux établissements, ils représentent ma vie."

Les équipes espèrent faire face à une clientèle compréhensive et simplement heureuse d’être là. "Auront-ils des craintes ? Répondre à la question est difficile mais nous espérons qu’ils se sentiront en sécurité, grâce aux contrôles et testing proposés à l’entrée", assurent les deux gérants. D’un côté comme de l’autre, les équipes ont dû être reconstituées, certains professionnels ayant été contraints, pendant la crise, de changer de vie et de se réorienter pour survivre.