La démarche est tantôt saluée, tantôt décriée.

Un masque de protection, certifié, aux couleurs du Doudou, ça vous dit ? C’est désormais possible. Sous l’impulsion de la société montoise Keep Smile, entre 5000 et 10 000 Montois et Montoises pourront prochainement arborer un masque de tissu rendant hommage au folklore local, lui aussi touché par la crise de covid-19.

L’initiative divise autant qu’elle suscite l’intérêt. Car se rendre propriétaire de ces masques de tissu lavables, et donc réutilisables, a un coût. Il faudra dépenser sept euros pour un masque, 20 euros pour trois unités. Un prix qui n’effraie pas les plus fervents défenseurs du Doudou mais qui en rebute certains, qui estiment que l’entreprise profite financièrement de la crise qui nous touche.

Des arguments que balaient Fabio Lavalle. "La mission première de Keep Smile, c’est de permettre aux gens de garder le sourire en cette période difficile mais surtout, de pousser un maximum de personnes à se protéger et à protéger les autres grâce au port du masque. Si le masque est plus fun qu’un simple masque blanc ou bleu, qui évoque de mauvais moments, il sera plus volontiers porté."

Pour mener à bien son projet, l’entrepreneur, par ailleurs créateur de la Diabolica et gérant de l’agence BARAPUB, a fait appel à un graphiste montois et s’est associé au gérant du Goolfy (Ghlin). "Nous avons contacté de nombreuses entreprises montoises et plus globalement belges pour assurer la fabrication des masques. Mais la demande est très forte et aucune n’était en mesure de répondre favorablement."

C’est donc vers le Portugal que l’équipe s’est tournée. "Nous ne voulions pas d’une fabrication chinoise. Le design a été pensé à Mons, la fabrication sera made in Europe. Les masques sont certifiés et ils sont réutilisables. En les proposant au prix de sept euros, nous sommes pratiquement à prix coûtant. Derrière, il faut rémunérer le graphiste, développer le site d’e-commerce, payer la fabrication et assurer la livraison express Portugal-Belgique."

Et de poursuivre : "Notre objectif n’est clairement pas financier, même si c’est une petite aide en cette période où nos entreprises sont fermées. Ces masques ne seront produits qu’en petite quantité, ils deviendront donc rapidement collector. C’est une façon pour ceux qui en achètent de renforcer leur sentiment d’appartenance, de montrer qu’ils aiment leur folklore et qu’ils sont fiers d’être Montois."

Les précommandes sont d’ores et déjà lancées. Les masques seront disponibles à partir du 15 mai prochain. Si le succès est au rendez-vous, Fabio Lavalle et son associé n’excluent pas la possibilité de lancer une seconde production, cette fois aux couleurs des acteurs du Lumeçon.