D'entrée, Jacques Lermusiaux tient à le signaler : "je ne m'exprime pas pour mon intérêt personnel parce que je ne travaille qu'à mi-temps et je touche déjà une pension de directeur d'école. Je m'exprime plutôt pour tous mes confrères et consœurs du secteur." Ce psychologue installé à Thulin (Hensies) reçoit actuellement moins d'un tiers de sa patientèle habituelle. "Et c'est malheureusement comme ça un peu partout", observe-t-il.

La faute à une réelle réticence et une peur de la contamination des patients. "Cela vaut pour ma profession de psychologue, pour tout le secteur du paramédical (les kinés, logopèdes, diététiciens, ergothérapeutes, podologues, ...) installé en cabinet libéral mais cela vaut aussi pour les dentistes ou de nombreux médecins spécialistes. Je prends l'exemple d'un ami cardiologue : beaucoup de ses patients ne font plus le suivi de leurs pathologies. Les conséquences risquent malheureusement d'être dramatiques dans ce genre de cas."

Les répercussions peuvent s'avérer grandes pour les patients mais aussi pour ces thérapeutes qui voient leurs revenus drastiquement diminués sans pouvoir bénéficier d'aides du Gouvernement fédéral. "Pour ce second confinement, nos professions ne sont pas reconnues comme à l'arrêt donc nous ne bénéficions de rien. Il serait positif pour tout le monde de faire passer un message : n'ayez pas peur de retourner chez votre kiné, logopède ou psychologue. Je n'en veux pas à la patientèle mais plutôt aux autorités qui n'ont pas fait passer le message publiquement alors que toutes les mesures de précaution sont prises."

Pour illustrer le faible risque de contamination, Jacques prend l'exemple de son propre cabinet. "C'est un local de 24 m² régulièrement aéré où je mets en place une distanciation sociale de plus de 2,5 mètres avec le patient. Il y a également un plexiglas entre le patient et moi, nous portons un masque, du gel hydroalcoolique est à disposition et je demande d'enlever les chaussures à l'entrée. Et entre chaque consultation, les patients ne se croisent jamais."

Evidemment, ces professions libérales doivent s'adapter. Mais la majorité des soins et suivis peuvent être réalisés en gardant une certaine distance ou en se prémunissant lors des contacts rapprochés, comme chez un kinésithérapeute. "Rien ne remplacera ces rencontres chez son thérapeute. Moi-même, j'ai tenté l'alternative des consultations pa vidéo-conférence mais ce n'est évidemment pas la même chose. Les gens n'étaient pas très favorables parce qu'il n'y a pas cette atmosphère d'ouverture à la parole."

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