C’est un chantier pour le moins ambitieux mais surtout nécessaire qui va être mis en œuvre aux abords de la station d’épuration de Wasmuël par l’intercommunale IDEA et la Société Wallonne des Eaux. Ce dernier vise en effet à remplacer le pertuis aérien menant les eaux usées de l’ensemble des citoyens de la région Mons-Borinage à l’entrée de la station par un collecteur complètement enterré. Ce changement doit notamment permettre de réduire drastiquement les nuisances olfactives subies par les riverains, plus particulièrement depuis 2018.

Au total, ce ne sont pas moins de 40 millions d’euros qui vont être investis à l’horizon 2026 dans ce colossal projet de modernisation de la station d’épuration, l’une des plus anciennes de Belgique puisqu’elle a près de 50 ans. "Tout le monde se souviendra qu’en 2018, nous avions pris la décision de fermer nos serres de séchage de boues, en raison de nuisances olfactives particulièrement incommodantes", rappelle Caroline Descamps, directrice générale d’IDEA. "En 2018-2019, nous obtenions les résultats d’une étude indépendante d’impact olfactif."

L’objectif étant alors d’identifier les actions à mettre en œuvre pour les supprimer et d’en évaluer le coût. "Sept scénarios ont été étudiés sur base de six critères principaux. In fine, la meilleure à tout point de vue réside en la pose d’une nouvelle conduite, à grande profondeur, et en la suppression des stations de pompage existantes." Concrètement, les équipes procéderont en un fonçage d’un collecteur de près de 4700 mètres, totalement enterré entre 6 et 12 mètres de profondeur.

Une nouvelle station de pompage de plus de 12 mètres de profondeur sera par ailleurs construite à l’entrée de la station d’épuration de Wasmuël. L’ouvrage actuel, long de 4,7 mètres et visible notamment depuis l’autoroute, sera quant à lui détruit. "C’est une solution qui va permettre maitriser les odeurs, qui tient compte de l’intégration environnementale, qui offre une fiabilité des ouvrages optimale et qui reste la plus économique compte tenu des faibles coûts d’exploitation."

C’est également une solution qui limite les contraintes techniques puisque le chantier pourra être mené totalement indépendamment de l’ancien pertuis. Côté agenda, le marché public sera préparé en 2022. IDEA et la SPGE espèrent obtenir les autorisations et permis en 2023 pour un lancement officiel en 2024. Les travaux s’étaleront sur environ deux ans et se termineront donc en 2026. Il ne faudra en revanche pas attendre aussi longtemps avant que les serres de séchage ne soient relancées.

Elles seront en effet progressivement remises en service au printemps 2022, après des essais à vide mené en avril prochain.