Ce lundi 19 avril, après trois semaines de congés au lieu de deux, les élèves reprendront le chemin de l’école… Du moins certains. Ce mercredi, le gouvernement fédéral a annoncé que les élèves de l’enseignement primaire et du premier degré du secondaire pourraient revenir en présentiel à 100%, là où les élèves des deuxième et troisième degrés du secondaire seront toujours soumis à un enseignement hybride (50% présentiel, 50% distanciel).

Une annonce qui douche les espoirs de tous ceux qui espéraient enfin un véritable retour en classe. "La semaine de congé anticipée était indispensable car nous constations une augmentation globale des contaminations au sein des familles mais nous sommes forcément un peu déçus", réagit Dimitri D’Agostino, directeur du Lycée Charles Plisnier, à Saint-Ghislain. "Il faut que nos élèves du deuxième degré puissent eux aussi revenir le plus rapidement possible."

Pour le directeur, ces longs mois d’année d’enseignement à distance laisseront des traces. "Psychologiquement, cette année est marquante. Le ras-le-bol est généralisé, tout le monde aspire à retrouver une vie normale, au sein de l’école bien sûr mais pas seulement. Vous vous rendez compte que nos enseignants n’ont jamais vu le visage des élèves de première année sans masque ? Le contexte est extrêmement compliqué."

Les espoirs de malgré tout pouvoir organiser un retour dans les établissements avant la fin de l’année sont grands. Mais pareil scénario ne sera pas pour autant évident à mettre en œuvre. "Même si un retour en présentiel est possible en mai, il restera moins de 10 semaines de cours", ajoute Vincent Deghislage, inspecteur général de l’enseignement provincial pour la région de Mons-Borinage. "Ce sont des semaines qui devront être mises à profit pour rescolariser nos étudiants."

Car sur le terrain, il faut bien constater que l’enseignement à distance a ses limites. "L’enseignement hybride ne convient qu’à une très faible minorité des élèves. À contrario, nous devons constater que les apprentissages sont plus compliqués, qu’il y a des inégalités de traitement entre les élèves, qui ne sont pas tous logés à la même enseigne. Et certaines lacunes vont suivre ces élèves tout au long de leur parcours, car ils seront passés dans les années supérieures sans avoir acquis certaines bases."

Dans l’enseignement provincial, et plus globalement qualifiant et professionnalisant, les craintes sont d’autant plus grandes que de nombreux jeunes vont se retrouver sur le marché du travail sans même avoir eu la possibilité de vivre une première expérience professionnelle via l’un ou l’autre stage. Les effets de la crise se feront donc sentir bien au-delà des prochains mois.

Reste donc à espérer des jours meilleurs... Et une reprise à 100% pour tous. "J'ai envie de me montrer positif et d'y croire, au minimum pour l'organisation des examens et la tenue des délibérations de fin d'année", souligne Vincent Loiseau, directeur de Don Bosco, à Quiévrain. Pour atteindre cet objectif, encore faut-il encore s'en donner les moyens. "Si la priorité devait naturellement être donnée au personnel soignant, aux personnes âgées, il faut remettre sur la table le sujet de la vaccination des enseignants, qui multiplient les contacts chaque jour, sans toujours avoir la possibilité d'observer les distances physiques." 

À ce stade cependant, les enseignants ne sont pas prioritaires.