C'est une belle prise pour la zone de police boraine. Ce lundi, à la première heure, le "go" a été donné pour les policiers. Quatorze perquisitions se sont déroulées simultanément dans sept communes différentes comme Saint-Ghislain, Colfontaine et Baudour. Au total, ce sont environ 180 policiers qui ont été mobilisés, avec l'aide de plusieurs zones de police, venues épaulées celle de la boraine. C'est dire l'ampleur du dossier. " Beaucoup de moyens ont été prévus pour réaliser ces perquisitions", explique le procureur du roi, Christian Henry. " Il s'agit d'une criminalité importante sous forme d'une pieuvre. Il fallait frapper fort."

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Le butin parle de lui-même. Plus de 400 grammes de cocaïnes ont été trouvés, 300 grammes de marijuana et la même quantité de shit. Sur l'ensemble de l'opération, plus de 10 000 euros ont été récoltés. "Les forces de police ont travaillé de manière consciencieuse", déclare Christian Henry. "La situation était dangereuse comme le prouvent les armes retrouvées sur place." Les services de police ont récolté quatre armes longues et beaucoup plus d'armes de poing avec des munitions. "Ce n'était pas des jouets", rajoute le procureur du roi.


Une opération d'envergure qui a révélé un trafic de stupéfiants international. "Le dossier a débuté sur base d'informations qui relataient un trafic de cocaïne à la Cité Gilmant à Saint-Ghislain", souligne le Chef de Corps, Jean-Marc Delrot. "Comme quoi, on peut partir d'une petite situation de proximité à un trafic plus étendu." La section stup du SER a, en effet, révélé que le réseau dépassait les frontières de l'Union Européenne. Plusieurs personnes de nationalités différentes sont impliquées. À l'heure à laquelle nous écrivons ces lignes, les pays d'origine des personnes soupçonnées ne peuvent pas être communiqués.

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Toutefois, nous savons que huit Belges ont bien été arrêtés et ramenés dans les locaux de la police boraine, où ils ont été entendus. Cinq personnes sont depuis relaxées, dont trois inculpées. Les trois autres individus sont eux sous mandat d'arrêt. "Une personne a été mise au secret", ajoute Christian Henry. "Pendant trois jours, elle a été placée en cellule d'isolation pour qu'aucune communication soit possible à l'intérieur de la prison mais aussi à l'extérieur. Sinon, nous prenions le risque que des preuves soient détruites."

Ce régime de mise en secret est souvent utilisé pour permettre aux services policiers d'être plus efficaces lors d'enquêtes complémentaires. Cela démontre l'importance du rôle de cet individu dans l'organisation du trafic. D'autres personnes doivent être encore localisées et identifiées.

Le procureur du roi de l'arrondissement judiciaire Mons-Tournai a souhaité remercier l'intervention de l'ensemble des policiers. "Le SER a réalisé un excellent travail sur ce dossier", termine Christian Henry. "Mais malheureusement, il ne manquera pas de travail à l'avenir. La gangrène existe et il va être difficile de la contrôler." À l'anniversaire des cent ans de la loi stupéfiants, la problématique ne fait que de se développer dans la région.