Désireux de laisser la justice effectuer son travail, la zone de police boraine et l’inspecteur Bertrand Caroy, responsable du service circulation routière, avaient jusqu’ici gardé le silence face à la Brasserie du Borinage. Cette dernière avait commercialisé une bière à l’effigie du policier, utilisant ainsi son image sans son consentement. Une action en justice avait de ce fait été intentée devant le tribunal compétent, qui a finalement rendu son verdict jeudi.

"Nous souhaitions remettre les choses à plat, rétablir la vérité car la zone de police et Bertrand Caroy ont été jetés en pâture. Nous ne pouvons le tolérer", précisait Lucien D’Antonio, président de la zone de police. De ce jugement, il ressort que Bertrand Caroy "n’a jamais donné, de quelque manière que ce soit, son accord quant à l’utilisation de son image sur cette bière, ni qu’il l’a acceptée ou même simplement tolérée."

La justice a par ailleurs estimé que la Brasserie du Borinage avait "commis une faute l’obligeant à réparer le dommage qui en a résulté", ce dernier luttant au quotidien, dans le cadre de ses missions, contre la consommation d’alcool au volant. Le tribunal a estimé que l’utilisation de son image était de "nature à impacter l’image de marque de la zone de police boraine" et susceptible de laisser penser aux citoyens que cet usage avait été consenti ou toléré, en connaissance de cause.

Du côté de la zone de police boraine, il est clair que jamais aucun accord n’aurait été octroyé pour l’utilisation de son image ou de celle de l’un de ses membres sur un produit alcoolisé. Par conséquent, la Brasserie du Borinage a été condamnée à supprimer de sa page Facebook un communiqué qu’elle avait publié et qui faisait mention d’un refus, par Bertrand Caroy, de clore le litige par un don à l’AWSR et de verser la somme de 2000 euros à ce dernier.

"À aucun moment, je n’ai rencontré les membres de la brasserie ni donné mon accord pour l’exploitation de mon image sur cette bière", insiste le principal intéressé. "Tout au long de cette année de procédure judiciaire, je n’ai pas souhaité m’exprimer. Mais j’ai souhaité faire valoir mes droits, et notamment mon droit à l’image. Je regrette qu’il ait été dit que par cette procédure, je souhaitais obtenir de l’argent. Car à aucun moment, je n’ai souhaité garder pour moi une quelconque somme d’argent."

Les dommages qui devront être versés par la Brasserie du Borinage seront en effet intégralement reversés à l’association Parents d’Enfants Victimes de la Route, une asbl avec laquelle l’inspecteur et la zone de police boraine collaborent depuis de nombreuses années. "De nombreuses choses, mensongères, ont été racontées mais aujourd’hui, je souhaite refermer cette porte." La Brasserie du Borinage avait de son côté signalé, via sa page Facebook, "la fin des bisbrouilles juridiques" et sa volonté de laisser derrière ses embarras pour mieux aborder 2022.