Financièrement, le risque était trop important pour la commune.

La décision se faisait attendre. Finalement, la commune de Frameries n’introduira pas de recours contre l’aménagement d’un congélateur par Clarebou Potatoes. Cette possibilité était toujours à l’étude mais le collège, réuni ce mercredi, a décidé de jouer la carte de la sécurité. Ce n’est cependant pas pour autant que les démarches s’arrêtent là.

« La deuxième procédure, lancée suite à une erreur administrative, ne nous aurait pas rendu notre droit de recours. Notre recours aurait dès lors été jugé irrecevable, ce qui aurait pu exposer la commune financièrement », explique Jean-Marc Dupont (PS). En face, Clarebout ne se serait probablement pas laissé faire. « Il aurait pu se retourner contre la commune et réclamer des indemnités. Nous ne pouvions pas courir ce risque. »

Mais le collège a malgré tout pris deux décisions importantes ce mercredi. « L’analyse juridique nous a démontré que nous avions la possibilité de solliciter l’administration wallonne pour que le permis obtenu dans le cadre de l’aménagement de ce frigo soit retiré. Les contacts vont être pris et nous solliciterons une rencontre avec l’administration pour exposer nos arguments. »

L’administration wallonne gardera la main tout au long de la procédure. Mais les autorités estiment avoir leurs chances. « Entre l’octroi du permis et aujourd’hui, de l’eau a coulé sous les ponts. La situation n’est plus la même, nous avons une meilleure connaissance du modèle industriel de Clarebout et nous avons pris consciences de l’impact qu’une telle activité aurait sur notre région. »

La deuxième décision consiste à solliciter une modification du plan de secteur du site convoité pour la construction d’une usine par la société. Seul le gouvernement wallon a le pouvoir de trancher. « Les 16 hectares destinés à Clarebout, qui ont une destination industrielle, pourraient alors devenir une zone d’activité économique mixte. » Et serait donc réservé aux petites entreprises (PME, services, artisanat,…).

« Si nous obtenons une réponse favorable, nous sommes assurés de ne plus jamais faire face à pareille situation. Nous voulons aller plus loin : nous nous opposons à l’installation de Clarebout dans la région, mais nous ne voulons pas, demain, être à nouveau confrontés à un projet similaire. Nous voulons, par cette démarche, obtenir des garanties à long terme. » Une fois la demande introduite, le Gouvernement wallon dispose de trois mois pour se prononcer.