L’avis était facultatif et n’influencera donc pas nécessairement le fonctionnaire-délégué de la Région wallonne, compétent pour octroyer ou non un permis à la SCRL Tertre Innovation Solaire (TISOL), qui souhaite installer un parc photovoltaïque flottant à Tertre, rue de la Hamaide. Mais le collège communal de Saint-Ghislain vient en tout cas d’émettre des réserves quant à ce projet, donnant ainsi écho aux inquiétudes des riverains voisins.

"Nous ne sommes bien sûr pas opposés aux projets qui s’inscrivent dans une politique de développement durable mais en l’état, nous rendons un avis défavorable", confirme Daniel Olivier (PS), bourgmestre. "Nous aurions souhaité qu’une étude d’incidence soit réalisée afin d’étudier l’ensemble des incidences du projet sur la faune, la flore, la biodiversité. Nous ne savons pas pourquoi celle-ci n’a pas été réclamée par la Région wallonne."

Le collège socialiste aurait également aimé pouvoir imposer la réalisation d’une étude paysagère. "Les habitants de la rue de Boussu ont vue sur le lac. Or, nous constatons que le projet envisagé par la société Tisol est quelque peu surdimensionné : nous avons regardé ce qui est fait ailleurs et l’exploitation des plans d’eau est généralement limitée à 50 ou 60%. Ici, nous tournons plutôt autour des 80%. C’est, selon nous, excessif."

Bref, sur base du dossier tel que présenté à ce jour, le collège préfère poser un halte-là. "Le fonctionnaire-délégué nous suivra-t-il en réclamant une étude d’incidence et une étude paysagère ? Nous ne pouvons pas en préjuger, nous n’avons pas la main sur ce dossier. Nous insistons en tout cas sur le fait que si nous ne pouvons pas barrer l’initiative d’un propriétaire privé, il serait idéal que son projet s’inscrire dans le respect de la collectivité et de l’environnement."

Pour rappel, le projet prévoit l’installation de quelque 32 720 panneaux flottants sur le lac de Tertre, en réalité une ancienne sablière qui n’accueillait plus que quelques activités de pêche. Les riverains, mais aussi le groupe d’opposition Osons! avaient déjà formulé leurs inquiétudes quant à de possibles nuisances sonores et visuelles.