On savait qu’il ne serait pas construit avant 2022, voire 2023. Aujourd’hui, la question est plutôt : sera-t-il un jour construit ? Le projet d’échangeur autoroutier à hauteur de Quaregnon est réclamé à cor et à cri depuis des décennies par les autorités communales locales. Malgré les études réalisées et un budget de 7,1 millions d’euros annoncé en son temps par le ministre Maxime Prévot pour l’aménagement de demi-échangeur, force est de constater que le chantier n’est pas envisagé.

C’est en tout cas la réponse apportée par le ministre de la mobilité et des infrastructures, Philippe Henry (Ecolo) à la faveur d’une question de la députée-bourgmestre de Jurbise Jacqueline Galant (MR). "Ce projet de création d’un échangeur autoroutier à hauteur de Quaregnon n’a pas été repris dans les priorités de la Direction des routes de Mons lors de l’élaboration du PIMPT 2019-2026", a rappelé le ministre.

"Un projet d’aménagement est bien dans les cartons de mon administration, mais aucun budget n’est prévu. Une étude avait été entamée par mes prédécesseurs. À ce jour, il n’y a pas d’intention ni de date de mise en œuvre de ce chantier." La réponse apparait claire : le projet semble remis aux calendes grecques. Ce qui ne fait évidemment pas les affaires des autorités communales, qui espéraient malgré tout la concrétisation de ce vaste projet.

"En juin dernier, lors de la présentation du projet de bus à haut niveau de service (BHNS), j’avais profité de l’occasion pour questionner le ministre sur le projet d’échangeur. Il avait pris quelques notes et je m’étais promis de retourner vers lui prochainement afin de refaire le point", explique Damien Jenart (PS), bourgmestre de Quaregnon. Ce véritable tram sur roues doit permettre de relier le Borinage à Mons toutes les cinq à dix minutes en heures de pointe et toutes les 20 minutes en heures creuses, via une circulation sur une infrastructure spécialement dédiée.

"Selon moi, les deux projets sont à considérer comme quelque chose de complémentaire. L’échangeur doit permettre de fluidifier la circulation à hauteur de Quaregnon mais également alléger le trafic du côté de Colfontaine ou Frameries. C’est une infrastructure qui profiterait à l’ensemble de la région, pas uniquement à Quaregnon. Je me doutais que la priorité serait mise sur le BNHS mais j’avais malgré tout toujours espoir."

Un espoir qui, aujourd’hui, est plutôt enterré. "On nous a présenté des plans, on nous a demandé notre avis, des budgets ont été annoncés par Maxime Prévot et ensuite par Carlo Di Antonio. C’est un dossier qui avait suscité l’enthousiasme et l’adhésion de l’ensemble du collège communal de Quaregnon. Mais je présume qu’il faudra continuer à prendre son mal en patience. Je ne compte cependant pas lâcher l’affaire pour autant, j’y resterai très attentif."

L’échangeur aurait dû permettre de de désengorger le zoning de Ghlin/Baudour, faciliter l’accessibilité aux entreprises, désenclaver Quaregnon et soulager les riverains, victimes d’un charroi incessant. Le projet avait, à l’époque, été repris au Plan Infrastructure 2019-2024, avant que la donne ne change.