Jusqu’ici, seuls les riverains, les associations et les membres de l’opposition Osons! avaient officiellement formulé leurs inquiétudes quant au projet de remblayage de la carrière du Danube, à Hautrage. Ce mardi, via un communiqué conjoint, le PS et le groupe MR&Citoyens s’y disent également formellement opposés.

Les partenaires de majorité rappellent qu’aujourd’hui déjà, les riverains subissent les désagréments du charroi transportant l’argile extraite au sein de cette carrière. "Ce projet de remblayage ne doit rien au hasard", estiment-ils. "Depuis le 1er mai 2020, il existe un marché monnayable des terres évacuées lors de différents travaux et chantiers. Le m³ atteint aujourd’hui une valeur avoisinant les 20 euros, hors coûts de transport. Cette filière s’avère financièrement très lucrative pour les exploitants."

Et de poursuivre : "Plus d’1,8 million de m³ de terre seraient nécessaires pour la reboucher dans son entièreté ! Rien d’étonnant, dès lors, à ce qu’ils justifient leur décision en arguant d’une volonté de restauration du biotope originel. Personne n’est dupe, ce n’est qu’un prétexte. En outre, cette opération va prendre plus de 25 ans ; un quart de siècle de nuisance due au passage régulier de camions. C’est tout bonnement inacceptable."

PS et MR disent comprendre et partager les inquiétudes citoyennes. "Le propriétaire a déclaré que sa volonté était de réaliser "une zone forestière, avec des essences indigènes, en vue de créer un large espace ouvert à la promenade et de récréer un écosystème." L’intention peut paraître louable, mais nous nous refusons de croire qu’il s’agisse là de son véritable objectif. Trop de questions demeurent en effet en suspens."

Et notamment pourquoi remblayer, et dans quel but. "Au-delà de l’exploitation actuelle, nous nous opposons avec force à toute activité qui ne serait pas respectueuse du développement durable et sociable. Nous ne pouvons accepter que les intentions du propriétaire se résument à une unique recherche du profit."

De leurs côtés, les représentants de la Carrière du Danube ont toujours assuré que tout serait fait pour limiter les nuisances, notamment via des aménagements adaptés, le déploiement d’un dispositif logistique important et la priorité donnée au transport par voie navigable. Dans nos colonnes, ils avaient encore insisté sur le fait que toutes les terres utilisées seraient saines et contrôlées. La partie de la carrière déjà utilisée continuera quant à elle à être exploitée.