Il y a pratiquement dix ans, le conseil d’administration du Logis Saint-Ghislainois décidait de vendre toutes les maisons appartenant au Logis faisant partie des blocs mixtes (c’est-à-dire composés de logements privés et de logements propriétés du Logis) et de raser celles qui étaient totalement détenues par la société de logements pour mieux reconstruire. L’idée avait finalement été abandonnée au profit d’une rénovation.

Ce revirement, qui concerne in fine 36 maisons, n’a pas fait l’unanimité. Du côté du groupe d’opposition Osons!, on a estimé ces travaux trop onéreux vu la vétusté des habitations et l’instabilité du terrain. Les arguments n’ont pas été entendus et les travaux ont finalement débuté il y a quelques mois au niveau d’un premier bloc de la 2ème rue. Mais le Logis s’est rapidement retrouvé confronté à un couac important.

"Des problèmes de stabilité ont été constatés. Nous avons donc suspendu le chantier afin de faire venir un architecte en stabilité et chercher une solution", confirme Patrick Danneaux, président du Logis. "Nous étions initialement partis, pour ce premier bloc, sur un montant de 110 000 euros. Le coût est finalement de 130 000 euros. Mais les erreurs qui ont été commises ici ne le seront plus sur les autres blocs, il ne faudra plus commanditer d’études. Il s’agissait vraiment d’un bloc-test."

Les travaux viennent donc d’être relancés et le président se montre confiant sur la facture finale. "On devrait globalement rester dans les clous, sauf si nous faisons à nouveau face à une très mauvaise surprise. La tutelle surveille de près le déroulement du chantier et nous apporte son soutien. Nous savons que le groupe Osons! aurait préféré une démolition et une reconstruction, mais les coûts n’auraient pas été les mêmes, ils auraient été bien supérieurs à ce qui est prévu."

Tous les travaux entrepris ne se valent pas, certains seront moins importants du fait que le bloc soit partagé entre propriétaire privé et Logis. "On atteindra un PEB B, comme exigé par la région wallonne (Osons! annonce de son côté un PEB C, NdlR). Les travaux vont se poursuivre et devraient être terminés d’ici un an, peut-être dans le courant du mois de septembre 2022", ajoute encore Patrick Danneaux. L’opposition aurait quant à elle opté pour une déconstruction-reconstruction de logements basse énergie.

Et n’hésite pas à qualifier ce chantier de "fameux gâchis d’argent public, loin de rencontrer les objectifs de la Région wallonne" qui accorde des subsides pour améliorer les performances énergétiques des bâtiments publics au bénéfice des locataires et de l’environnement. L’opposition souligne également le temps d’inoccupation que ces travaux occasionnent alors que la pression sur les sociétés de logements est accrue.

"Aujourd’hui il y a plus de 170 logements inoccupés pour le patrimoine complet, soit plus de 10 % des logements ! La durée d’inoccupation moyenne est largement supérieure à 600 jours !" Les travaux des logements de la Deuxième rue sont pourtant lancés et devront être bouclés.