Après deux ou trois semaines de congé, c’est en présentiel que les élèves de l’enseignement primaire et secondaire ont effectué leur rentrée scolaire ce lundi. De nombreuses mesures sanitaires restent d’application afin de limiter au maximum les risques de propagation du virus, et ce alors que le variant omicron est considéré comme particulièrement contagieux. Mais les directions le savent : la situation peut à nouveau basculer du jour au lendemain.

"Au niveau des enfants, nous avons peu d’absences ce lundi", souligne Florence Monier (PS), échevine de l’enseignement à Saint-Ghislain. "Nous en avons quelques-unes au niveau des enseignants mais vu les périodes de quarantaine plus courtes, nous espérons qu’elles seront de courte durée. Les congés ont fait du bien à tout le monde, ne serait-ce que pour souffler. Depuis deux ans, nos enseignants et nos directions sont fortement sollicités."

L’adaptation est devenue leur meilleure arme alors que les circulaires tombent en nombre. "D’un point de vue administratif, c’est l’éternel casse-tête. Mais on tente surtout de faire preuve de bon sens." De bon sens, il est effectivement question dans la gestion de cette crise, de la part du corps enseignant mais aussi des élèves et de leurs parents. "On sait qu’avec le mélange des groupes, le répit pourrait être de courte durée", ajoute Vincent Loiseau (Dour Demain), échevin de l’enseignement à Dour.

Également directeur au centre scolaire Don Bosco, ce dernier est confronté à la réalité du terrain. "Avant les congés, nous faisions face à un absentéisme important, lié ou non à la covid. La rentrée de ce lundi s’est déroulée dans de meilleures conditions, avec des professeurs et des élèves présents, ce qui permet de faire redescendre la pression. L’assouplissement des mesures en matière de fermeture de classes devrait nous laisser davantage de possibilités d’organiser les cours mais nous savons que tout peut changer du jour au lendemain."

À Mons, à l’école du Futur, la situation est d’ores et déjà plus sensible. "Un professeur sur cinq est en écartement covid, soit parce qu’il a été testé positif, soit parce qu’il est cas-contact", soupire Jérôme Caudron, directeur. "C’est globalement la même chose pour les élèves, qui ont passé les fêtes de fin d’année, qui se sont revus, qui sont partis en vacances,… Selon moi, il ne fallait pas s’attendre à un miracle pour cette rentrée scolaire."

Ces absences entrainent évidemment des difficultés dans l’organisation des cours. "Un gros travail de communication doit être effectué à l’attention des parents, qui ne comprennent pas toujours pourquoi leur enfant a finalement terminé les cours à 11 heures au lieu de 15 heures, ou pourquoi les règles dans l’enseignement sont ce qu’elles sont. Le problème, c’est que confrontés à une pénurie d’enseignants, nous ne parvenons pas toujours à organiser les remplacements."

Il faut donc faire pour un mieux, avec les moyens et ressources disponibles. "La crise a forcément un impact sur la vie de l’école et donc les élèves. Certains projets sont à l’arrêt, certaines activités sont annulées ou reportées. Mais on fait de notre possible pour trouver des solutions…" Tout en espérant que les prochains mois seront, enfin, plus sereins.