Natagora ne cache plus ses ambitions : l’association entend saisir l’opportunité qui lui est donnée d’acquérir 24 hectares de terrain, dont le vaste étang de Grand Rieu, pour étendre une réserve naturelle existante et créer un site exceptionnel de plus de 100 hectares. Si le projet venait à se réaliser, le site deviendrait un ensemble humide à même d’attirer des espèces emblématiques, par exemple la spatule blanche, la gorgebleue ou le butor étoilé. Un appel est donc est désormais lancé.

Le site convoité, d’une superficie de près de 24 hectares, s’est développé autour d’un ancien terril, arrêté en 1959. Brièvement exploité en sablière, il est aujourd’hui occupé par un étang de neuf hectares et différentes mares. "Cette vaste propriété jouxte notre réserve des prés de Grand Rieu (environ 80 hectares). En s’y accolant, la réserve pourrait devenir une zone humide majeure de plus de 100 hectares, liaison écologique entre les marais d’Harchies et la réserve des Marionville, au cœur de la vallée de la haine", explique Natagora.

À ce jour, l’étang est utilisé pour la pêche intensive et une abondante population de jessie, une plante exotique envahissante, s’étend sur les eaux. L’association espère, via son projet, changer la donne. "Une limitation des grosses carpes, remplacées par des espèces indigènes, et l’élimination de la jussie favoriserait tout l’écosystème aquatique. Des pelouses sableuses peuvent également être restaurées, ainsi qu’une vaste roselière. Des îlots de nidification peuvent être créés et de petites mares rouvertes."

Et parce que l’asbl s’inscrit également dans une démarche de sensibilisation, elle étudie en parallèle le développement du "rôle social et pédagogique du site" via des circuits de découverte, agrémentés d’observatoires et de panneaux pédagogiques. "Il est également prévu de creuser un autre étang dans la réserve existante voisine afin de renforcer l’attractivité biologique de l’ensemble." La boucle d’accès ceinturant actuellement une partie de l’étang pourrait être complétée et aménagée pour les personnes à mobilité.

In fine, cette nouvelle réserve deviendrait ainsi un pôle didactique directement accessible aux habitants d’Hautrage et aux curieux désireux de découvrir la biodiversité du site restauré. Pour atteindre ces objectifs ambitieux, Natagora devra cependant réunir les fonds nécessaires. Un appel aux dons est d’ores et déjà lancé.