Mi-septembre, David Jacobs relatait sa mésaventure dans nos colonnes. Le Saint-Ghislainois s’était retrouvé sans un sou en poche au Portugal à la suite d’un contretemps de son syndicat et du versement tardif de ses indemnités. Cette fois, c’est pour relater l’intervention « musclée » dont il a fait l’objet le week-end dernier qu’il a souhaité prendre la parole. Une plainte au comité P – la police des polices – sera déposée dans les prochains jours.

Les ecchymoses qui bardent le visage du quinquagénaire témoignent encore de la scène qu’il a vécue samedi. "Je suis revenu du Portugal il y a environ deux semaines", explique-t-il. "J’aurais dû y retourner lundi matin, j’avais mes affaires et mon billet en poche. Samedi, l’heure était donc aux aurevoirs. Il est vrai que j’ai bu quelques verres. En sortant de l’établissement, je me suis assis par terre, contre des dalles de béton, non loin de la gare de Saint-Ghislain."

Quelques minutes plus tard, une ambulance du service 100 et un combi de la zone de police boraine arrivaient sur les lieux. "L’un des deux agents s’est immédiatement montré agressif à mon égard. Je ne nie pas lui avoir dit qu’il agissait comme un c*nnard. Il m’a sauté dessus, m’a claqué la tête au sol plusieurs fois et m’a finalement embarqué, menottes dans le dos. Une fois à l’hôtel de police de Colfontaine, j’ai été invité à me déshabiller. Je me suis senti humilié par l’attitude des policiers."

Le Saint-Ghislainois était mis en cellule quelques minutes plus tard. "On m’a nargué, on m’a dit que j’étais un assisté social, que je pourrais retourner au Portugal… Ou pas. On m’avait dit que je resterai en cellule deux heures. Je n’ai finalement été libéré que le lendemain, aux alentours de 6 heures. Je n’ai eu droit qu’à un verre d’eau. Une policière m’a dit qu’elle était désolée, que j’avais été oublié. Je me demande aujourd’hui dans quelle mesure cela a été fait exprès."

David Jacobs ne nie pas avoir dépassé les bornes lors de son interpellation. "Je suis quelqu’un de très correct, je n’insulte pas les gens, d’ordinaire. Méritais-je pour autant d’être traité de la sorte ? Si j’en avais les moyens, j’aurais pris un avocat. Je prépare désormais une plainte auprès du comité P. J’y joindrai l’attestation de mon médecin, qui atteste des coups reçus, et les photos de mon visage tuméfié."

Du côté de la zone de police boraine, on confirme l’interpellation du quinquagénaire, déjà connu des services. "Toute l’interpellation a été filmée par nos caméras urbaines. On y voit monsieur, ivre, couché au sol. par moments, il discute avec des badauds mais ne se relève pas. Lorsque nos policiers arrivent et tentent de le relever pour le faire monter dans l’ambulance, les choses ne se passent pas bien. Il est insultant, fait un esclandre. Il chute lourdement au sol avant d’être relevé et menotté."

Au sein de l’hôtel de police aussi, les images de caméras de surveillance sont enregistrées. "Il a demandé à avoir une couverture, ce qui lui a été donné. Il s’est ensuite endormi. De notre point de vue, il n’y a pas eu de faute au niveau de l’intervention, et encore moins de violence comme il semble le dire. Notre faute réside, en effet, dans le fait de l’avoir oublié. Nos équipes ont enchainé les interventions et n’y ont plus pensé."

La zone a présenté ses excuses à plusieurs reprises auprès du contrevenant pour cet oubli malheureux. Ce qui n’a, semble-t-il, pas suffi à calmer la rancœur.