Mettre des mots sur un ressenti et transmettre un témoignage aux générations futures, voilà l’objectif poursuivi par les élèves d’une classe de quatrième année du Lycée Charles Plisnier (Saint-Ghislain) et leur professeur d’anglais en enterrant, ce mercredi matin, une capsule temporelle. Cette dernière ne pourra être déterrée et ouverte que dans 20 ans par des élèves qui, aujourd’hui, ne sont donc pas encore nés.

Le concept de capsule temporelle n’est pas neuf. Mais en comparaison avec les États-Unis, par exemple, il reste marginal chez nous. "Les élèves ont tout de suite adhéré au projet lorsque je leur ai présenté car c’est quelque chose qu’ils voient dans les séries américaines", explique Brandon Daussin, enseignant en langues germaniques. "C’est une façon pour eux de laisser une trace de leur passage dans l’établissement."

Le projet a réellement débuté il y a trois mois. "Ils ont commencé par préparer chacun une rédaction en anglais de 300 à 400 mots, que j’ai corrigée d’un point de vue linguistique. Nous avons ensuite réalisé un reportage photographique afin d’illustrer la vie de l’école mais aussi et surtout le climat actuel, avec des cours qui se sont donnés en présentiel et en distanciel, de nombreuses mesures sanitaires qui sont à respecter au sein de l’établissement,..."

Des objets ont également été glissés dans cette boite, conçue avec des matériaux qui permettront de conserver son contenu intact durant les 20 prochaines années. "Il s’agit d’objets liés à la crise sanitaire mais également d’objets qui ont marqué notre époque, par exemple le hand spinner qui a fait fureur dans nos cours de récréation. Nous espérons que cette expression écrite puisse servir d’exercice de compréhension à la lecture dans 20 ans."

Évidemment, tous espèrent que les futures générations n’auront pas à connaître la même situation de crise que celle que nous connaissons depuis maintenant plus d’un an. "C’est une situation inédite, c’est aussi pour cette raison que ce projet méritait d’être mené à bien", ajoute l’enseignant. Un constat partagé par les élèves, qui se sont montrés enthousiastes ce mercredi alors que vers 10h30, les premiers coups de pelle étaient donnés afin d’enterrer ladite capsule.

"C’est un projet qui nous tenait à cœur, il nous rappellera nos bons souvenirs au Lycée", souligne Chiara, une élève. "Dans la majorité des cas, on écrit sur des thèmes qui nous sont imposés. Cette fois-ci, nous avons pu nous exprimer très librement sur ce que nous sommes en train de vivre. J’aimerais beaucoup voir la réaction des élèves qui découvriront la capsule dans 20 ans. À leur place, j’aurais vraiment été enthousiaste de vivre ça !"

Notons que météo oblige, l’enterrement de la capsule a dû être reporté à quatre reprises. Un mal pour un bien puisque le soleil était de la partie, en ce milieu de semaine.


© D.R.

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