En matière de mobilité douce, la position adoptée est unanime : il est possible de mieux faire, notamment via la création de nouveaux aménagements, dont des pistes cyclables. Ce lundi soir pourtant, à Saint-Ghislain, majorité et opposition se sont divisées sur un dossier qui devrait être concrétisé dans les prochains mois. Il est question de proposer un aménagement qui débutera à la rue Louis Glineur et partant de la rue Olivier Lhoir (déjà aménagée), la rue Ghlin (qui sera aménagée en site propre), la rue de Tertre (où des bandes suggérées sont prévues) et la rue d’Hautrage (en site propre) pour rejoindre le RAVeL.

Ce projet a été retenu dans le cadre d'un appel à projets et profitera d'un subside de 100 000 euros, sur un budget total estimé de 233 000 euros. Le solde sera quant à lui financé sur fonds propres la ville de Saint-Ghislain. "C'est un dossier qui remonte déjà à quelques années. À l'époque, deux projets avaient été proposés mais nous nous sommes concentrés sur celui-ci, et il a été retenu", précise Luc Dumont (PS), échevin en charge de la mobilité et des travaux. Ce dernier estime que ces aménagements permettront aux usagers d’éviter les grands axes, et notamment les voiries régionales sur lesquelles l’autorité locale n’a pas la main. "L’objectif est de by-passer les routes régionales et proposer des alternatives plus sécurisées pour rejoindre le RAVeL, même s’il est vrai que les temps de parcours peuvent de ce fait être un peu plus longs pour les usagers"."

Et de poursuivre: "Nous sommes conscients qu’il ne s’agit pas à proprement dit d’un RAVeL, c’est un RAVeL alternatif, effectivement moins beau, en moins bon état. Mais un vélo traditionnel, un VTT, un vélo électrique pourront malgré tout l’emprunter sans souci. Nous ne pouvons que regretter que l’opposition freine et ne se montre pas positive lorsque l’on travaille en faveur de la mobilité douce et lorsque nous décrochons des subsides pour cela."

L'opposition est en effet montée au créneau hier au conseil communal, mais également sur les réseaux sociaux. "Ce n’est pas vraiment une piste cyclable qui est proposée mais une bande cyclable suggérée, ce qui est totalement différent puisque cette dernière ne protège pas totalement le cycliste et se matérialise soit par le marquage d’un couloir, soit de chevrons", regrette Pascal Baurain, chef de file d’Osons! "Mais ce qui nous interpelle d’autant plus, c’est que la majorité annonce que ce projet doit permettre de rejoindre le RAVeL."

Pour Pascal Baurain, c’est au niveau de la localisation que le bât blesse. "Il y a confusion puisque le RAVeL ne se trouve pas sur la rive gauche/sud mais bien sur la rive droite/nord. Pour l’atteindre, il faudrait donc tout bonnement traverser le canal. Le chemin que les cyclistes et piétons seront amenés à emprunter, via la rue du Pasteur Grégoire, n’a rien d’un RAVeL : il s’agit d’un vague chemin de halage, sans revêtement en bonne et due forme. Il n’y a d’ailleurs aucune signalétique officielle, pas même faisant mention d’un itinéraire bis."

Le groupe Osons! s’est donc abstenu de voter le projet. "Nous soutiendrons toujours les projets qui ont vocation à favoriser la sécurité des usagers faibles mais nous ne voulons pas être enfumés par une majorité qui nous présente des projets comme merveilleux alors qu’ils ne répondent pas aux attentes des citoyens. Nous souhaitons que les dossiers permettent de sécuriser les points noirs de l’entité et qu’ils s’adressent aux cyclistes quotidiens, qui utilisent leur vélo pour aller au travail, à l’école, faire des courses, et qui ne souhaiteront pas allonger leur temps de parcours."

© Le RAVeL via la rue d'Hautrage (DR)

L'échevin l'assure: aucun projet n'est prévu au niveau de la rue du Pasteur Grégoire. Seules les rues Glineur, Lhoir, de Ghlin et de Tertre sont concernées.