Il n’aura fallu que quelques minutes pour que la "bonne nouvelle" annoncée par la ville de Saint-Ghislain suscite le questionnement. Et pour cause. Ce 11 novembre, via une communication officielle, cette dernière annonçait "qu’en soutien au commerce local", les habituels chèques propreté seraient remplacés par des bons à valoir utilisables dans les magasins de l’entité.

La ville précisait encore que leur valeur était doublée. Les personnes isolées recevront ainsi un bon de 20 euros tandis que les ménages en recevront deux dans la seconde quinzaine du mois de décembre. Une décision qui, selon le bourgmestre, a été prise d’une part parce que la ville se trouvait cette année dans l’incapacité de faire éditer les chèques-propreté, et d’autre part pour relancer le commerce local.

Cette mesure soulève pas mal d’interrogations. D’un point de vue écologique, d’abord. En effet, armés de leurs bons à valoir, les citoyens auront l’opportunité d’acheter plus de sacs-poubelles… Alors que la tendance est plutôt à tenter de conscientiser ceux-ci à l’importance d’en réduire le nombre. D’un point de vue économique ensuite, puisque seuls quelques commerçants proposent des sacs-poubelles. La mesure, qui a pourtant pour objectif initial de soutenir le commerce local, semble dès lors faillir à sa mission, puisqu'elle ne "bénéficiera" qu'aux rares commençants concernés. Notons par ailleurs, la vente de sacs poubelle ne rapporte pas grand chose.

Enfin, alors que d’autres communes ont fait le choix de maintenir la distribution de sacs-poubelles en parallèle de l’émission de bons à valoir chez les commerçants locaux, la ville de Saint-Ghislain opère un choix d’exclusion : c’est l’un ou l’autre, mais pas les deux. Enfin, un véritable problème juridique se pose quant à cette mesure, selon le chef de file de l’opposition Osons!

"En n’éditant pas les chèques propreté et en décidant de les remplacer sans avoir modifié le règlement relatif à la taxe communale, la ville se met hors la loi", explique-t-il. "La taxe poubelle payée en septembre est illégale. La bonne nouvelle, pour les citoyens, c’est qu’ils peuvent introduire une réclamation fiscale auprès du collège communal via un formulaire dédié, à envoyer par recommandé, et réclamer le remboursement de la taxe déjà payée, à savoir 80 euros pour une personne isolée, 160 euros pour une famille."

Des propos qui font bondir le bourgmestre, Daniel Olivier (PS). "Ces propos sont populistes et trompeurs. Jusqu’à la fin de cette année 2020, la Région wallonne laisse une certaine tolérance dans la distribution de ces sacs. Et si elle nous impose réellement de les distribuer, nous le ferons. Faire croire que la taxe pourra être remboursée est totalement mensonger et va simplement contribuer à alourdir la charge de travail d’un personnel déjà débordé et en sous-effectif. C’est vraiment honteux de sa part, je n’ai pas d’autres mots."

Aujourd’hui, il est impossible de dire combien de commerçants participeront à l’action. Ceux-ci doivent encore être contactés afin d’être invités à rejoindre la plateforme. "Le temps que tout cela se mette en place, les bons à valoir ne seront probablement utilisables qu’au début de l’année 2021 mais ils restent valables toute l’année", précise encore le bourgmestre. "Il faut cesser de comparer ce qui se fait dans l’une ou l’autre commune. De notre côté, nous restons conscients que d’autres aides seront encore proposées en 2021."