J’ai oublié mon sac dans le train, pouvez-vous m’aider à le récupérer ? Je suis malvoyant et je veux aller à Bruxelles, pouvez-vous m’aider ? Je suis en train de me faire harceler par un groupe, puis-je rester près de vous ? Ces questions peuvent difficilement être posées à une borne SNCB. Aussi, le PTB Mons-Borinage les a affichées ce matin à la gare de Saint-Ghislain pour protester contre la fermeture programmée de 44 guichets dans tout le pays, dont celui de la Cité de l'Ours.

"Si on laisse faire, on va se retrouver avec un seul guichet à Mons pour toute notre région, c’est à dire un guichet pour 260.000 habitants", fait remarquer John Beugnies, député wallon PTB. "C’est vraiment incroyable. On nous demande d’abandonner la voiture et de privilégier les transports en commun et en même temps, on ferme 44 guichets. C’est complètement illogique, la SNCB vient d’investir pour rénover la gare de Saint-Ghislain et le guichet, puis décide de le fermer."

Ce lundi matin, les militants du PTB ont également apporté des petites douceurs pour le personnel de la gare. Car au-delà des tracas que la suppression des guichets pourrait causer pour les usagers, ils s'inquiètent également pour le personnel. "Cette décision entraînerait la suppression de 77 postes de travail dans les guichets dans tout le pays. Le personnel du rail qui a travaillé sans relâche depuis le début de la crise méritent mieux que ça. Ces travailleurs font partie des héros de la crise. Ils méritent le respect", poursuit John Beugnies. "Les nouvelles technologies, c'est bien mais tout le monde n’est pas né avec un smartphone dans la main. Le rôle du guichet dans une gare n’est pas que de vendre des billets. Il est aussi de renseigner les usagers, en ce compris sur le tarif le plus avantageux pour eux. Pour nous, les usagers doivent avoir le choix d’acheter leur billet via les guichets ou via la voie digitale."

La décision de fermer 44 guichets dans tout le pays a été avalisée par le conseil d'administration de la SNCB, mais elle est loin de faire l'unanimité au niveau local. La patronne de la SNCB et le ministre Gilkinet ont bien promis que des stewards seraient présents pour assurer la transition. Ils comptent également lancer des appels à projets auprès des communes concernées pour permettre d'occuper les gares après la fermeture. Mais la pilule ne passe pas auprès des élus locaux.

Pour le PTB, la SNCB doit faire machine arrière. "La SNCB ne doit pas fonctionner comme une entreprise privée à savoir : quand c’est rentable on garde, quand ça ne l’est pas on supprime. Le rôle de service public doit être assuré et ça passe par la présence de guichets dans les gares. Les guichets ne sont pas le passé, mais le futur de la SNCB et de la mobilité douce. Le ministre Georges Gilkinet, la direction de la SNCB et tous les partis politiques traditionnels doivent faire marche arrière. Tous siègent au conseil d'administration de la SNCB et ont confirmé cette décision. Or, accepter la fermeture d’un tiers des guichets du pays, c’est rester dans la ligne néolibérale du passé", conclut John Beugnies.