Borinage

La peur est bien présente dans certains quartiers.

Dans la nuit de vendredi à samedi, le feu était bouté à trois voitures stationnées dans la rue du Petit Villerot, à Hautrage-État, endommageant au passage la façade d'une habitation. Une situation inquiétante qui a naturellement fait l’objet d’échanges ce lundi soir lors du conseil communal. À la faveur d’une interpellation du conseiller de l’opposition Laurent Drousie (Osons !), Daniel Olivier (PS) a insisté sur la nécessité de poursuivre la prévention et de soutenir la police dans ses missions de répression.

Depuis le début de cette année, 91 faits du genre ont été enregistrés par la zone de police boraine, dont 10 sur l’entité de Saint-Ghislain. Faute d’indices et/ou de témoignages, seuls quatre dossiers sont toujours ouverts pour enquête dans la Cité de l’Ourse. "Le phénomène n’est pas neuf mais je suis conscient de l’aggravation de la situation et de la complexité du contexte", a insisté le bourgmestre.

Ce dernier n’a pu que rappeler que la police devait composer avec des moyens financiers toujours restreints et faire face à l’angoisse des citoyens de déposer plainte par peur de représailles. "À notre niveau, nous ne pouvons que miser sur la prévention. Mais pour avancer, pour que le travail des médiateurs et animateurs de quartier soit fructueux, nous devons pouvoir compter sur l’implication citoyenne."

Une implication encore très difficile aujourd’hui tant la peur est présente. "Nous pourrions organiser une nouvelle réunion dans les quartiers concernés mais nous pensons plutôt à organiser une réunion pluridisciplinaire, où quelques citoyens volontaires feraient écho des problèmes rencontrés de façon anonyme. Leur nom ne serait pas repris dans les PV, ce qui permettrait de libérer la parole. Nous pensons que ce genre de réunion, en plus petit comité, aura davantage de portée."

Pour le reste, la majorité envisage de mettre sur les routes un véhicule-bureau (anciennement un véhicule de police), permettant d’aller à la rencontre des citoyens dans les quartiers considérés comme problématiques (notamment la Cité Gilmant). "À ces actions s’ajoutent les opérations déjà menées par la zone de police boraine et des opérations dites coups de poing, et, comme cela est prévu dans notre déclaration de politique communale et notre plan stratégique transversal, le placement de caméras de surveillance."

Autant de mesures destinées à ramener la sérénité dans les quartiers saint-ghislainois mais qui ne pourront porter leurs fruits que grâce à une bonne collaboration entre autorités administratives, police, citoyens et justice.