Petit à petit, l’oiseau fait son nid. Depuis le début du mois de novembre dernier, Natagora est en effet propriétaire et gestionnaire de 24 hectares de terrain supplémentaires au sein de la réserve des prés de Grand Rieu, qui s’étendent sur environ 80 hectares. Cette nouvelle acquisition va permettre à l’association de créer un site exceptionnel de plus de 100 hectares et s’imposer comme une zone humide majeure, liaison écologique entre les marais d’Harchies et la réserve des Marionville, au cœur de la vallée de la Haine.

Le projet en est encore à ses balbutiements mais déjà, quelques travaux de gestion et d’entretien ont pu être menés sur le site ces derniers jours. "Notre objectif à terme, c’est aussi d’améliorer l’accueil du public via l’aménagement de chemins, d’observatoires,…", explique Vincent Swinnen pour Natagora. "Pour ce faire, il faudra notamment obtenir des permis et trouver les fonds nécessaires. Plusieurs pistes sont étudiées pour ce dernier point."

Pour acquérir les 24 hectares supplémentaires de terrain, Natagora n’avait pas hésité à lancer un appel aux dons. "On sait que c’est quelque chose qui fonctionne assez bien lorsqu’il s’agit d’acquisition de terrain, parce que les gens sont soucieux de voir l’environnement préservé et sont rassurés de savoir que des projets concrets seront mis en œuvre. Ca fonctionne en revanche moins bien lorsqu’il s’agit de nous aider à acheter du matériel. Nous devons donc y réfléchir."

Des aides financières pourront probablement être décrochées à gauche et à d’autres auprès de différents organismes mais à ce stade, rien n’est encore fait. "Dans un premier temps, la partie du site nouvellement achetée ne sera accessible qu’à certains moments bien définis, au contraire de la première partie qui, elle, reste tout à fait praticable. In fine, les deux sites n’en formeront plus qu’un seul, puisque l’objectif est de raccorder les deux et d’offrir des possibilités de balades et de randonnées plus longues qu’actuellement."

L’étang de pêche, d’une superficie de neuf hectares, autrefois utilisé pour la pêche intensive et abondante, est quant à lui fermé aux pêcheurs. Natagora devrait y limiter la présence de grosses carpes au profit d’espèces indigènes. La jessie, une plante exotique envahissante, devrait également être éliminée afin de favoriser l’écosystème aquatique. Des pelouses sableuses et une vaste roselière pourraient être restaurées tandis que des ilots de nidification pourraient être créés. Bref, les projets en faveur de la faune et de la flore ne manquent pas.

Reste à trouver les financements pour les concrétiser.